Le gel du projet de gazoduc Nord Stream 2 visant à relier la Russie à l’Allemagne ne serait pas exclu des potentielles sanctions à l’égard de la Russie examinées par les autorités allemandes à la suite de l’empoisonnement d’Alexeï Navalny. C’est en tout cas ce qu’a indiqué le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert, lundi 7 septembre, lors d’un point presse.
« La chancelière considère qu’il serait erroné de l’exclure dès le départ », a ainsi répondu M. Seibert à un journaliste l’interrogeant sur la question.
Une réponse faisant écho aux déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Dans une interview donnée le week-end au journal allemand Bild am Sonntag, ce dernier a dit espérer « que les Russes ne nous forceront pas à changer notre position sur Nord Stream 2 ».
Intervenant dimanche soir sur la chaîne de télévision publique ARD, il a ensuite estimé qu’il « serait erroné d’exclure à priori » des conséquences pour Nord Stream 2, tout en évoquant un possible gel du projet.
Il a néanmoins également souligné la nécessité d’être « conscients des conséquences » d’une telle option, notamment pour les entreprises allemandes et européennes impliquées dans le projet, répondant ainsi indirectement aux appels à suspendre la construction du gazoduc formulés par certains hommes politiques allemands tels que Friedrich Merz et Norbert Röttgen, deux candidats à la succession d’Angela Merkel.
Au sein des institutions de l’UE, certains eurodéputés ont demandé à la Commission européenne et aux États membres, vendredi 4 septembre, de « faire tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2 ».
« À l’occasion de la tentative d’assassinat d’Alexeï Navalny, nous disons : trop, c’est trop. Arrêtez Nord Stream 2 ! », déclarent-ils ainsi dans cet appel commun signé par 56 députés issus de cinq groupes politiques différents (Verts/ALE, PPE, CRE, S&D et Renew Europe).
Débutée en avril 2018, la construction du gazoduc est actuellement en phase de finalisation. Elle a cependant pris du retard, en raison notamment de sanctions américaines envers les entreprises européennes collaborant au projet (EUROPE 12389/29), Washington étant particulièrement opposée à Nord Stream 2.
Voir l’appel des eurodéputés : https://bit.ly/2DCBzqd (Damien Genicot)