La Commission européenne poursuit ses discussions avec l'industrie pharmaceutique afin d'assurer un accès rapide, sûr et abordable aux futurs vaccins contre la Covid-19, a indiqué la fonctionnaire chargée de ces négociations, Sandra Gallina. Elle répondait aux questions des eurodéputés de la commission de la santé publique, très inquiets de ne pas être davantage associés au processus.
Les discussions ont à nouveau tourné autour des obligations de l'industrie pharmaceutique. Sandra Gallina a une nouvelle fois souligné qu'aucun changement n'avait été apporté à la législation européenne en matière de sécurité des produits, mais que les accords d'achat anticipé prévoyaient bel et bien un mécanisme d'indemnisation pour des effets non vus (hidden).
À propos de la demande d'EPF de prévoir un fonds pour les patients, portée par Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française), Mme Gallina a indiqué que cette idée pourrait être débattue et analysée. « Il y a des associations de patients qui demandent un fonds européen d'indemnisation rapide. Il y a des États membres qui ont déjà mis un tel fonds en place, certains le lient au caractère obligatoire du (futur) vaccin », a-t-elle rappelé (EUROPE 12547/7).
Qui, quand, où ?
La représentante de la Commission a indiqué que les premières doses de vaccins devraient être disponibles en décembre, voire en novembre pour le « numéro 1 », a-t-elle ajouté. Et si, au départ, les quantités devraient être limitées (ce qui obligera à diriger les doses vers certaines catégories de la population), en avril, ce problème devrait être résolu.
Le prix des doses oscillera dans une fourchette de 5 à 15 euros, afin que celles-ci restent abordables. Mme Gallina a toutefois refusé d'indiquer le prix payé par l'UE pour constituer ces réserves (elle a parlé d'un « pourcentage », affirmant que le sujet pourrait être approfondi davantage « in camera ») et les noms des membres du comité de négociation.
Transparence des essais cliniques
Lors de la discussion, plusieurs eurodéputés ont également insisté sur la nécessité de donner accès aux données brutes des essais cliniques. Mme Gallina a affirmé que l'Agence européenne des médicaments publierait son analyse de ces données, mais n'a fourni aucun engagement sur les données brutes.
Elle a toutefois laissé entendre que le règlement sur les essais cliniques - entré en vigueur il y a 6 ans, mais toujours pas appliqué - était en bonne voie. Elle a partagé ses espoirs de voir ce règlement totalement appliqué « à la fin de l'année prochaine » (EUROPE 12536/13). (Sophie Petitjean)