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Bulletin Quotidien Europe N° 12558
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Après l'aide immédiate offerte par dix pays, la réflexion s'ouvre sur l'avenir du camp de Moria

Dix pays au total, neuf membres de l'UE et la Suisse, se sont dits disponibles pour accueillir une partie des 400 mineurs isolés devant être relogés après l’incendie du camp de Moria, a annoncé, vendredi 11 septembre, le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, aux côtés du vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, lors d'un point presse commun.

La France et l’Allemagne en prendront de 100 à 150, a précisé le ministre allemand, deux jours après l’incendie qui a laissé plus de 12 000 personnes sans abri. « Le plus important » est de trouver des « abris » pour ces personnes, a aussi dit le ministre.

Dans la soirée de jeudi, les Pays-Bas eux aussi avaient fait savoir qu’ils seraient prêts à accueillir 100 mineurs. Les autres pays membres sont : la Belgique, le Luxembourg, la Finlande, la Slovénie, la Croatie et le Portugal.

La Commission, pour sa part, a organisé rapidement le transfert de 400 mineurs isolés depuis Lesbos vers le continent et est prête à se charger du transfert vers ces pays, a dit M. Schinás.

Vers un nouveau camp

Mais la question se pose inévitablement : le camp de Moria va-t-il être reconstruit ? « La Grèce reconstruira un camp sur l'ile de Lesbos pour héberger des milliers de demandeurs d'asile sans abri », a déjà répondu dans l’après-midi le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, après une rencontre avec Margarítis Schinás. Mais « de nouvelles installations seront nécessaires (et) réalisées » avec un modèle de gestion différent, a-t-il ajouté, cité par l’AFP.

Le Pacte pour l’asile et la migration, attendu le 30 septembre, pourrait proposer le principe de nouveaux centres aux frontières extérieures de l'UE cogérés par l’Union et les pays de première ligne. Ces centres auraient pour objectif d’identifier et de sélectionner plus vite ceux qui ont le droit à l’asile et ceux qui ne peuvent pas rester dans l’UE. Une nouvelle procédure aux frontières pourrait voir le jour.

Dans la matinée ? aux côtés de Horst Seehofer, Margaritis Schinás s'était dit en faveur d’une reconstruction du camp « le plus vite possible ». Toutefois, il souhaitait demander aux autorités grecques de s’assurer que « la société civile locale » soutient ce projet.

En attendant, le vice-président a indiqué que le Pacte à venir serait « à trois étages » : le premier étage sera consacré à la dimension extérieure et à de nouveaux accords avec les pays tiers pour empêcher les gens de venir dans l’UE via les réseaux de trafiquants ; le second sera celui d’une meilleure protection aux frontières extérieures avec une agence de garde-côtes et garde-frontières dotée de nouvelles ressources. Le vice-président a ensuite reconnu que le budget actuel de Frontex n’était pas au niveau « de nos propositions initiales », mais « je suis confiant qu’on peut faire plus et mieux ». Les États membres ont en effet réduit le budget accordé à l’agence lors de leur Sommet du 21 juillet (EUROPE 12543/5).

Enfin, le troisième étage est celui d’un mécanisme permanent de solidarité entre les États membres, notamment la solidarité dans « la responsabilité pour l’asile », qui ne doit pas être laissée seulement aux États de première ligne ou à quelques pays qui accueillent traditionnellement le plus grand nombre de demandes d’asile, comme l’Allemagne.

Le 10 septembre, le Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, avait exhorté l'UE à placer la crise migratoire au cœur de ses préoccupations après l'incendie.

« L'Europe doit passer des paroles de solidarité à une politique d'actes de solidarité. Nous devons mettre la crise migratoire au cœur de nos discussions et être beaucoup plus concrets », a-t-il déclaré, en Corse, lors d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays du sud de l'Europe, comme rapporté par l’AFP.

Le camp de Moria accueillait plus de 13 000 personnes, dont 11 000 en attente d'interviews pour leur demande, 1 400 détenteurs d'un statut de protection et 900 personnes déboutées de l'asile, selon les chiffres communiqués par la Commission. 77% des personnes présentes à Moria sont afghanes et 8% sont syriennes. (Solenn Paulic)

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