Et de six ! Après AstraZeneca, Sanofi-GSK, Johnson&Johnson, Curevac et Moderna, c'est maintenant auprès de BioNTech-Pfizer que la Commission européenne va s'assurer une réserve de vaccins contre la Covid-19. L'institution a annoncé, mercredi 9 septembre, avoir conclu des discussions préliminaires avec cette alliance germano-américaine.
BioNTech-Pfizer
Comme indiqué (EUROPE 12552/17), des contacts entre l'UE et BioNTech-Pfizer étaient en cours depuis plusieurs semaines. À ce stade, la Commission envisage un achat initial de 200 millions de doses, avec une option d'achat pour 100 millions supplémentaires à fournir une fois que l'innocuité et l'efficacité du vaccin candidat auront été démontrées.
La Commission envisage en effet de diversifier son portefeuille de vaccins : ceux développés par AstraZeneca et Johnson&Johnson sont à base d'adénovirus, celui de Sanofi-GSK repose sur la technologie de l'ADN recombinant et les trois derniers (Curevac, Moderna et BioNTech-Pfizer) sont basés sur l'ARN messager (qui sert à transférer les instructions qui dirigent les cellules du corps pour qu'elles synthétisent des protéines destinées à prévenir ou à combattre une maladie).
Interruption chez AstraZeneca
La fin des discussions exploratoires ouvre la voie à un contrat d'achat anticipé, comme celui qui a été conclu à la mi-août avec AstraZeneca (EUROPE 12547/7). Toutefois, le matin même de cette annonce par l'UE, le laboratoire britannico-suédois AstraZeneca a annoncé la mise en pause de ses essais, en raison d'un malaise inexpliqué d'un opérateur de la section britannique.
Le laboratoire, considéré comme le plus avancé dans ses recherches (phase III), a pourtant déjà prévendu 300 millions de doses aux États-Unis, 300 millions à l'UE et 30 millions au Royaume-Uni.
Interrogée par la presse, la Commission s'est voulue rassurante : « Un tel report arrive assez communément dans un essai clinique et on ne peut pas tirer de conclusions à partir d'un événement unique », a déclaré le vice-président, Maros Šefčovič. Et d'affirmer : « La Commission ne fera jamais de compromis sur la sécurité ou sur la durée des essais cliniques. La sécurité est un critère fondamental pour qu'un vaccin puisse atteindre le marché européen », a-t-il conclu. (Sophie Petitjean)