Dans sa forme actuelle, le Fonds pour une transition juste (FTJ) risque de principalement soutenir des États membres dont la stratégie pour sortir progressivement du charbon n’est « pas compatible avec l’accord de Paris », estime un rapport du centre de réflexion (‘think tank’) Ember, réalisé avec l’ONG CAN Europe (Climate Action Network Europe) et publié mercredi 9 septembre.
Analysant les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) des 18 États membres utilisant encore le charbon pour la production d’électricité, le rapport indique que 11 de ces pays charbonniers ne disposent pas d’un plan visant à remplacer totalement le charbon par une « électricité propre » d’ici 2030 sans augmenter l’utilisation d’autres combustibles fossiles comme le gaz.
Selon le document, 7 pays (la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, l’Allemagne, la Pologne, la Roumanie et la Slovénie) prévoient en effet de conserver le charbon au-delà de 2030 et 4 pays (la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, et l’Italie) ont l’intention d’éliminer progressivement cette source d’énergie d’ici 2030, mais pour la remplacer par du gaz fossile.
Les 7 autres pays (le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et l’Espagne) sont en revanche en voie d’éliminer progressivement le charbon en 2030 sans augmentation significative du gaz fossile.
Or, l’analyse d’Ember et CAN Europe montre que, sans réforme, près des deux tiers du Fonds pour une transition juste iront aux 7 pays qui ne prévoient pas d’éliminer progressivement le charbon d’ici 2030 et plus de 10% du Fonds sera accordé au groupe de 4 pays.
Les deux organisations craignent par conséquent que le FTJ récompense « les retardataires climatiques au détriment des pays qui ont des plans ambitieux et compatibles avec Paris ». Voir le rapport : https://bit.ly/3jYi8aX (Damien Genicot)