Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, États-Unis et Japon) ont condamné « unanimement et avec la plus grande fermeté », mardi 8 septembre, l’empoisonnement de l’opposant politique russe Alexeï Navalny.
Dans une déclaration commune, les ministres ont qualifié d’« inacceptable » toute utilisation d’armes chimiques en tout lieu, à tout moment, par quiconque et en toutes circonstances. Cela contrevient aux normes internationales contre l’utilisation de ces armes, ont-ils ajouté.
Le G7 a donc appelé la Russie à faire « toute la lumière, sans délai et en toute transparence », sur l’identité des auteurs de cet empoisonnement « odieux » et, compte tenu des engagements pris par ce pays au titre de la Convention d’interdiction des armes chimiques, à traduire ces personnes en justice.
Rappelant que M. Navalny était une figure de l’opposition, les ministres ont estimé que l’attaque à son encontre constituait « une nouvelle atteinte grave à la démocratie et au pluralisme politique en Russie ». « Elle représente une menace sérieuse pour les femmes et les hommes engagés pour la défense des libertés politiques et civiles que la Russie elle-même s’est engagée à garantir », ont-ils ajouté. Les chefs de la diplomatie ont demandé à la Russie de se montrer à la hauteur de ses engagements au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à garantir ces droits à ses citoyens, notamment le droit à la liberté d’expression.
Les ministres ont prévenu qu’ils continueraient à suivre avec attention la réponse apportée par la Russie aux appels internationaux demandant des explications concernant l’empoisonnement « abject » de M. Navalny. « Nous demeurons fermement déterminés à soutenir la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme en Russie et à renforcer notre appui à la société civile russe », ont prévenu les ministres.
La Russie dénonce une campagne de désinformation
Quelques heures après la publication du communiqué du G7, le ministère des Affaires étrangères russe a dénoncé, mercredi 9 septembre, une « vaste campagne de désinformation », estimant que celle-ci était « la preuve évidente que ses initiateurs ne se soucient pas de la santé de Navalny (...), mais cherchent à mobiliser pour imposer des sanctions ». Le communiqué des ministres du G7 ne menace à aucun moment la Russie de sanctions.
Le ministère russe a demandé « avec insistance » que l’Allemagne lui remette les informations sur l'examen médical de M. Navalny, y compris les résultats de ses analyses biochimiques, alors que la Russie insiste sur le fait qu’aucune trace de poison n'avait été trouvée dans l'organisme de M. Navalny avant son transfert en Allemagne. (Camille-Cerise Gessant)