Les émissions moyennes des véhicules légers neufs immatriculés dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Islande et en Norvège ont poursuivi leur progression en 2019, augmentant, pour les voitures, de 1,6 gramme de CO2 par kilomètre par rapport à 2018, pour atteindre 122,4g CO2/km, a indiqué, vendredi 26 juin, un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Il s’agit de la troisième hausse des émissions consécutive (EUROPE 12498/20), alors qu’une baisse constante des émissions de près de 22g CO2/km avait été observée de 2010 à 2016.
Les raisons avancées par l’AEE pour expliquer ces récents mauvais résultats demeurent les mêmes que pour l’année 2018 : la part croissante des véhicules ‘SUV’ dans le parc automobile européen et la faible croissance de la vente de voitures électriques.
Bien que le niveau moyen d’émission des voitures neuves reste inférieur à la limite fixée au niveau de l’UE qui s’appliquait jusqu’en 2019 (130g CO2/km), « les constructeurs devront réduire considérablement les émissions de leur parc automobile pour atteindre les objectifs plus stricts qui s’appliquent à partir de cette année [95g CO2/km] », a en outre souligné la Commission européenne.
En ce qui concerne les camionnettes, elles ont émis en moyenne 158,4 g de CO2/km, soit 0,5g/km de plus qu’en 2018. Là aussi, ce chiffre reste inférieur à l’objectif en vigueur jusqu’en 2019 (175g de CO2/km), mais est supérieur à l’objectif de l’UE qui s’applique à partir de 2020 (147g de CO2/km).
Pour ce type de véhicules, outre l’augmentation limitée de la part des camionnettes électriques (de 0,8% en 2018 à 1,3% en 2019), l’une des raisons de cette hausse est une augmentation de leur masse moyenne, précise l’AEE.
Réagissant au rapport, Julia Poliscanova, directrice ‘véhicules propres’ pour l’ONG Transport&Environment, a estimé qu’il est « scandaleux que [...] les constructeurs automobiles continuent à proposer des SUV gourmands en essence ». Pour elle, « l’UE doit mettre un terme à cette maximisation des profits au détriment de la santé publique et de la planète en fixant des objectifs annuels ou semestriels en matière d’émissions ».
Voir le rapport : https://bit.ly/2NvNeIX (Damien Genicot)