Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (COREPER) tentaient encore, vendredi 26 juin dans la soirée, de finaliser les critères et les modalités permettant de dresser une première liste de pays tiers dont les citoyens seront autorisés à revenir à nouveau dans l’UE pour des voyages d’agrément (EUROPE 12504/1).
Ils n’avaient pas encore conclu les discussions à l’heure où nous mettions sous presse. La réunion durait déjà depuis trois heures. Elle devait servir, entre autres, à actualiser les données sur la table qui permettront aux autorités nationales de rouvrir leurs frontières à certains pays tiers.
La question se posait aussi sur le traitement à réserver aux voyageurs des États-Unis et de Chine, dont de nombreux touristes viennent chaque année en Europe.
Le 25 juin, la Commission européenne avait préparé, à la demande du Conseil, un projet de recommandation du Conseil qui formalisera la décision des Vingt-sept. C'est ce projet de recommandation, qui devrait être adopté par procédure écrite, que les ambassadeurs peaufinaient. Une liste de pays répondant aux critères retenus devait donc l’accompagner dans la soirée.
Ce projet de recommandation (https://bit.ly/2ZeQxt8 ) reflète, à ce stade, les discussions menées au cours des six dernières réunions sur le sujet. Il reprend ainsi trois critères principaux : - le seuil proche ou inférieur à 16 infections/100 000 habitants observé sur les deux dernières semaines ; - la tendance des nouveaux cas le jour de la réouverture des frontières extérieures et voir si cette tendance se montre stable ou en baisse par rapport aux deux dernières semaines ; - la réponse globale à la Covid-19 apportée par ces pays tiers, en tenant compte des informations disponibles sur des aspects tels que les tests, la surveillance, le traçage des contacts, le confinement, le traitement et les mécanismes de notification.
Lorsque les données relatives à ces aspects ne sont pas disponibles, les États membres peuvent se référer au Règlement de la santé internationale (RSI) et à une méthode de calcul d’une note moyenne prévue par ce règlement (une note supérieure à 50).
La recommandation préconise de ne pas discriminer les citoyens des pays tiers sur la base de la nationalité, seule la résidence devant être prise en considération dans la décision d’autoriser ou non un voyage.
Les États membres devront aussi avoir la capacité de rouvrir rapidement ou, au contraire, de refermer rapidement leurs frontières extérieures aux résidents d'un pays en fonction de l’évaluation de la situation sanitaire.
Tous les États membres devront, si possible, se coordonner et ne pas décider unilatéralement d'ouvrir leurs frontières à un pays tiers si les autres États membres n’ont pas décidé en ce sens. EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)