Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire européen à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, ont regretté, lundi 22 juin, le déséquilibre entre les partis lors des élections législatives en Serbie, la veille.
Le SNS, parti au pouvoir, a remporté 63% des voix devant le parti socialiste (11%) alors que plusieurs partis d’opposition ont boycotté le scrutin. La participation atteindrait seulement 49%.
« Si les candidats ont pu faire campagne et que les libertés fondamentales ont été respectées, le choix des électeurs a été limité par l'avantage écrasant du parti au pouvoir et la promotion des politiques gouvernementales par la plupart des grands médias », ont estimé le Haut Représentant et le commissaire dans un communiqué, reprenant les conclusions préliminaires du Bureau des institutions démocratiques (BIDDH) et des droits de l'homme de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Selon MM. Borrell et Várhelyi, tous les acteurs politiques et les institutions concernés doivent engager un dialogue « transparent, décisif et ouvert à tous » sur la mise en œuvre des futures recommandations du BIDDH, afin de remédier aux insuffisances électorales de longue date, « bien avant les prochaines élections ».
Un véritable dialogue doit être engagé entre tous les partis politiques afin de faire progresser les réformes en matière d'État de droit, de lutte contre la criminalité organisée et la corruption et le nouveau Parlement doit poursuivre le dialogue entre les partis mené par le Parlement européen, « en vue de dégager un large consensus sur les réformes liées à l'UE », ont-ils ajouté.
Regrettant le boycott par certains partis, les eurodéputés Tanja Fajon (S&D, slovène) et Vladimir Bilčík (PPE, slovaque) ont prévenu que « le taux de participation le plus faible depuis 2000 et le changement radical du paysage politique dans la composition du nouveau Parlement, où une majorité des deux tiers sera détenue par une seule liste politique, constitueront un défi important pour le futur gouvernement serbe ». Selon eux, l’absence de partis pro-européens au Parlement dans le bloc de l'opposition ne devait pas compromettre les aspirations de la Serbie à rejoindre l'UE. (Camille-Cerise Gessant)