Plusieurs groupes politiques européens ont condamné, mardi 19 mai, le vote du Parlement hongrois en faveur d’un amendement législatif, connu sous le nom d’article 33, visant à remplacer l’inscription modifiable « sexe » par celle immuable de « sexe attribué à la naissance » dans les documents officiels.
« La Hongrie a rendu impossible, dans la pratique, la reconnaissance légale du sexe, processus par lequel les personnes transsexuelles et intersexuées peuvent aligner leurs documents sur leur identité de genre », résume l’organisation ILGA-Europe.
Les Verts/ALE, le S&D ainsi que Renew Europe, par la voix de son président, Dacian Cioloş, ont dénoncé une violation des droits fondamentaux et se sont engagés à poursuivre leur lutte contre cette disposition.
La présidente de la commission chargée de l'égalité des genres au PE (FEMM), Evelyn Regner (S&D, autrichienne), avait déjà fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations à ce sujet.
Il y a quelques jours, lors d’une conférence de presse (EUROPE 12488/18), Mme Regner avait précisément fait référence à l’article 33, dénonçant un « abus de démocratie » de la part du Premier ministre hongrois.
La commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, a elle aussi dénoncé, sur Twitter, une mesure « contraire à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme » et un « coup porté à la dignité humaine des personnes transgenres ».
Déjà au début du mois, le Parlement hongrois avait été condamné pour s'être opposé à la ratification de la Convention d'Istanbul (EUROPE 12481/15). (Agathe Cherki)