Dans une déclaration publiée ce mercredi 20 mai, la commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, fustige la gestion « chaotique » de la pandémie de Covid-19 dans les établissements de soins de longue durée et réclame des mesures fortes.
S'appuyant sur les chiffres avancés par le directeur régional de l'OMS pour l'Europe, elle souligne que la moitié des personnes décédées des suites de la crise du Covid-19 résidaient dans des établissements de ce type, en particulier dans ceux destinés aux personnes âgées. « L'ampleur de la catastrophe n'est devenue visible que lentement », précise-t-elle en évoquant la France et le Royaume-Uni, qui ont tardé à intégrer ces décès dans les chiffres officiels et, « apparemment », « dans tous les pays frappés par le virus, de nombreux résidents sont tombés malades et sont décédés dans une totale solitude, sans même que leur famille soit informée de leur état ».
Dunja Mijatović intègre la fragilité des résidents dans les facteurs d'augmentation de la mortalité, mais pointe sans concession les défaillances : impréparation, sous-effectivité chronique, y compris parce que « certains propriétaires privés privilégient le profit au détriment des soins », manque d'équipements de protection pour le personnel, surveillance épidémiologique défaillante, coordination insuffisante entre ces établissements et les hôpitaux.
« Conformément aux obligations leur incombant au titre de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme qui consacre le droit à la vie, les États membres doivent élucider les circonstances de tous les décès survenus dans ces institutions, sans exception », avertit la commissaire, qui rappelle également l'article 3 de la Convention du Conseil de l'Europe sur les droits de l'homme et la biomédecine énonçant le principe de l'accès équitable aux soins.
Voir le texte de la déclaration : https://bit.ly/2ymxzYo (Véronique Leblanc)