Le Libra ne sera finalement pas une toute nouvelle monnaie numérique mondiale, mais une cryptomonnaie adossée à des monnaies existantes, comme l'euro.
L’association Libra, chargée de piloter le projet de monnaie numérique de Facebook, a en effet présenté, jeudi 16 avril, une version amendée du projet, censée répondre aux préoccupations soulevées par les régulateurs européens et mondiaux.
Dans un communiqué, l'association dit avoir travaillé main dans la main avec les décideurs politiques pour proposer ce nouveau système de « ‘stablecoins’ fondés sur des devises particulières en plus d’une monnaie Libra composite ». Et elle assure avoir renforcé la sécurité de son projet pour éviter tout risque de détournement à des fins de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme.
Dès le début, le projet Libra a provoqué une levée de boucliers de la part des régulateurs et des gouvernements. Certains de ses partenaires initiaux ont même décidé de quitter le projet.
Côté européen, le Conseil de l’UE et la Commission européenne ont adopté en novembre 2019 une déclaration stipulant qu’aucune cryptomonnaie d'envergure mondiale ne pourrait avoir cours dans l'UE tant que les défis et risques réglementaires n'auront pas été identifiés et traités (EUROPE 12365/4).
Lors de son audition devant le Congrès américain (EUROPE 12356/14), en octobre 2019, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, avait déjà laissé la porte ouverte à une révision du projet initial.
Basée à Genève, l'association Libra a déposé, ce jeudi, sa candidature en tant que « système de paiement » auprès du régulateur financier suisse, la Finma, et espère lancer sa monnaie d’ici la fin de l’année. Reste à voir si cette nouvelle copie conviendra cette fois-ci aux régulateurs.
Pour consulter le Livre blanc actualisé : https://bit.ly/2KiVFW5 (Marion Fontana)