Avec 75,2 milliards € en 2019 l’aide publique au développement (APD) collective de l’UE et de ses États membres représentait 55,2% de l’aide publique mondiale, une performance dont elle n’a pas à rougir, selon la Commission européenne, même si cette dernière a estimé, jeudi 16 avril dans la soirée, qu’il faut faire plus, en s’alarmant d’une légère baisse du niveau de cette aide européenne pour la troisième année consécutive.
L'an dernier, l’aide collective de l’UE et ses États membres a représenté 0,46% du RNB de l’UE (contre 0,47 en 2018), selon les chiffres liminaires publiés par l’OCDE (EUROPE 12468/20), une diminution due principalement à une baisse des prêts de la BEI au secteur privé.
Soulignant que l’UE demeure « le premier donateur mondial d'Aide publique au développement », la commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, se dit « toutefois préoccupée par le fait que notre effort collectif sur le RNB est à son plus bas niveau depuis 2016 » et appelle « tous les États membres à redoubler d’efforts » pour intensifier le soutien aux pays partenaires dans le contexte du coronavirus.
Le Luxembourg, la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni (qui était encore membre de l'UE l'an dernier) sont les seuls à avoir atteint ou dépassé l'objectif de 0,7% de leur RNB.
L'Autriche, Chypre, la Finlande, la France, le Luxembourg et Malte ont augmenté leur ratio APD/RNB d'au moins 0,01%. A contrario, ce ratio a diminué d'au moins 0,01% dans 8 pays (Belgique, Estonie, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Suède).
Si l'APD de l'UE aux pays les moins avancés avait augmenté en 2018 (19,8 milliards €, soit 0,125% du RNB), les chiffres de 2019 ne seront connus qu'en décembre.
Depuis 2015, sur la base des flux, l'APD de l'UE et de ses 28 États membres de l'époque a augmenté de 10% (7 milliards €) en termes nominaux, mais le ratio APD/RNB a enregistré une baisse constante depuis 2016, où l'APD avait atteint un niveau record de 0,52% du RNB de l'UE. (Aminata Niang)