Faut-il conditionner le versement d’aides d’États aux compagnies aériennes européennes à l'adoption de technologies vertes et à la mise en place, dès que possible, de nouvelles taxes ?
C’est l’argument qu’avancent les organisations de défense de l’environnement, à l’instar de Transport et Environnement (EUROPE 12450/18), alors que des soutiens financiers sont négociés dans de nombreux États par les compagnies aériennes, durement affectées par la paralysie du transport aérien provoqué par la pandémie de Covid-19.
Les émissions de carbone des compagnies aériennes ont augmenté de 1,5% en Europe en 2019, alors que celles des autres secteurs (électricité et grande industrie) ont diminué de 8,9%, a constaté, jeudi 16 avril, Transport et Environnement, s'appuyant sur les nouvelles données du système européen d'échange de quotas d'émission.
« Si les émissions des compagnies aériennes vont diminuer cette année en raison du Covid-19, elles devraient rebondir à moins que les compagnies aériennes ne soient obligées de commencer à payer des taxes et à utiliser des carburants plus propres dès que les conditions s'amélioreront », a estimé l'organisation.
Les compagnies aériennes ont notamment obtenu d'Eurocontrol un report temporaire du paiement de certaines redevances (EUROPE 12463/21).
« Malheureusement, un tel plan ne fait que déplacer la crise de liquidité actuelle à une date ultérieure », avait alors estimé l'organisation Airlines for Europe, appelant à une exonération sur une année entière pour permettre le redressement du secteur.
L’idée de conditionner les redevances à des objectifs climatiques fait toutefois son chemin. La ministre autrichienne de l'Environnement et de la Mobilité, Leonore Gewessler, estime que de telles conditions devraient être envisagées pour les aides autrichiennes à Austrian Airlines, actuellement en négociation.
« Si nous discutons de l'investissement de plusieurs centaines de millions d'euros, nous devons également discuter d'une conditionnalité claire sur l'argent », a déclaré la ministre dans une interview accordée à la radio autrichienne FM4, jeudi. « Nous devrions utiliser tout l'argent que nous investissons également pour exercer un effet de levier », a-t-elle ajouté. (Agathe Cherki)