Le groupe des Verts/ALE a adressé, jeudi 19 mars, une lettre au président du Conseil, Charles Michel, à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ainsi qu’à la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, afin d’alerter les dirigeants européens sur « la terrible réalité » que représentent les mesures de confinement pour beaucoup de citoyens européens victimes de violences domestiques.
Ces mesures, adoptées afin de mettre un terme à l’épidémie de Covid-19 et qui s’accompagnent souvent de fermetures d’écoles, ne laissent aux enfants et à ceux qui s’en occupent d'autre choix que de rester à la maison.
Or, « tous les foyers ne sont pas des lieux sûrs », soulignent les signataires de la lettre, rappelant que la menace de la violence domestique est « une réalité en Europe », qui touche surtout les femmes et les enfants.
« En Chine, les cas de violence domestique déclarés ont quasiment doublé depuis que les villes ont été placées en confinement », apprend-on dans la lettre. Et les droits et les besoins des victimes de violences domestiques y seraient d’autant plus négligés que l’attention de tous se porte sur l’épidémie.
Ces déclarations doivent, selon la députée Terry Reintke (Verts/ALE, allemande), à l’initiative de cette lettre, « être considérés comme un avertissement sérieux, ici en Europe ».
Mesures préventives. « Nous saluons les moyens nécessaires mobilisés pour créer une distance sociale et lutter contre le coronavirus, mais ils doivent s'accompagner de mesures visant à protéger les personnes vulnérables contre la violence domestique », a-t-elle déclaré.
Dans leur lettre, les Verts appellent donc la Commission et le Conseil à veiller à ce que les États membres ne réduisent pas ou ne détournent pas les ressources existantes des services essentiels sur lesquels les femmes victimes de violences comptent.
Ils requièrent en outre que soit mise en place une série de « mesures préventives proactives », telles que le renforcement des services d'assistance téléphonique, la mise en place d'une aide juridique en ligne, le financement d'un refuge pour les victimes ou encore une campagne menée par la Commission pour informer et alerter sur ce phénomène.
« Nous devons sensibiliser fortement le public au fait que les femmes et les enfants sont particulièrement menacés en raison de leur isolement dans leur propre foyer. C'est pourquoi je lance également un appel en ce sens : 'Ne laissez pas les victimes de la violence domestique seules. Si vous êtes vous-même victime de violence domestique, demandez de l'aide' », a insisté Mme Reintke.
Elle et ses cosignataires rappellent par ailleurs, en conclusion de leur lettre, qu'il est aujourd'hui « essentiel » d'introduire la violence de genre dans la liste européenne des crimes.
Pour consulter la lettre : https://bit.ly/33z6wnF (Agathe Cherki)