Dès mercredi 18 mars, les États-Unis augmenteront de 10% à 15% le niveau des droits tarifaires imposés aux aéronefs importés de l'Union européenne.
Washington avait en effet annoncé, mi-février, l'ajustement de ses mesures de rétorsion, appliquées depuis le 18 octobre 2019 en vertu de l’arbitrage de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le litige commercial transatlantique sur l’avionneur Airbus (EUROPE 12352/16). Ces nouvelles mesures consistent principalement en une hausse de 5% des droits tarifaires sur les importations d’aéronefs européens (EUROPE 12427/10).
Le délai d'un mois que les autorités américaines avaient accordé n'a pas pu être mis à profit par le commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, pour sceller un « mini-deal » avec Washington (EUROPE 12431/4), peut-être aussi à cause de la pandémie de Covid-19.
« Alors que le coronavirus teste la résilience de la communauté mondiale, l'administration Trump juge nécessaire d'attiser les flammes de la guerre commerciale », a déploré Christophe Hansen (PPE, luxembourgeois), coordinateur du groupe PPE au sein de la commission du commerce international du Parlement européen. Et d'ajouter : « C'est une distraction irresponsable et dangereuse de la lutte qui compte vraiment aujourd'hui ».
Pour certains, les nouvelles mesures tarifaires auraient pu être plus sévères. À Bruxelles et dans les chancelleries européennes, on redoutait en effet que Washington ne décide de nouvelles taxes sur les produits agroalimentaires, déjà largement visés par le premier paquet de sanctions (EUROPE 12446/11). (Hermine Donceel)