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Bulletin Quotidien Europe N° 12448
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Conseil europÉen

Les Vingt-sept résolus à combattre la pandémie de coronavirus sur tous les fronts

Les dirigeants de l'Union européenne ont à nouveau affiché leur unité et leur détermination, mardi 17 mars, à combattre sur tous les fronts la pandémie mondiale de coronavirus dont le foyer principal est désormais l'Europe, mais sans oublier les fondements du projet européen.

Nous avançons « en rangs serrés », « nous nous serrons les coudes » pour faire face à une crise « sérieuse et grave », a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, annonçant que le sommet européen, en fin de semaine prochaine, aura lieu pour la troisième fois par vidéoconférence.

Nous faisons face à « un choc externe » qui frappe le monde entier et crée une situation à laquelle nous n'avons jamais été confrontés, a enchaîné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Nous sommes une famille européenne : personne ne sera laissé de côté et personne n’aura à agir seul », a promis le président du Parlement européen, David Sassoli.

Le Conseil européen a endossé toutes les mesures d'urgence dans les domaines sécuritaire, sanitaire et économique que la Commission européenne a récemment mises sur la table (EUROPE 12446/1, 12447/1).

A ainsi été entérinée la proposition de la Commission de coordonner les restrictions au voyage vers l’UE sur une période de trente jours qu'appliqueront vingt-six États membres, plus, potentiellement, l'Irlande et le Royaume-Uni ainsi que les quatre pays tiers associés à l'espace Schengen de libre circulation des personnes (EUROPE 12447/6).

Cette proposition a reçu « beaucoup de soutien », a estimé Mme von der Leyen. Elle vise à filtrer les arrivées non essentielles dans l'UE de ressortissants de pays tiers, mais ne concernera pas les médecins, infirmiers, les résidents de long terme dans l’UE ou d’autres profils spécifiques, ni les citoyens européens rentrant chez eux.

Il revient désormais aux États membres d'appliquer ces restrictions, la Commission ne jouant qu'un rôle de coordination en la matière. La France met en œuvre la mesure depuis mardi à 12h. Selon la chancelière allemande, Angela Merkel, l'Allemagne agira immédiatement.

Le Portugal applique la mesure avec des dérogations. « À partir de 24 heures [mercredi], tous les vols internationaux en provenance de l'UE et de pays tiers vers n'importe quel aéroport national seront suspendus », a dit son Premier ministre, António Costa. Des exceptions existent pour les pays tiers où les Portugais sont nombreux (pays lusophones, Canada, États-Unis, Venezuela, Afrique du Sud).

Mme von der Leyen a toutefois reconnu que l’Irlande, liée à sa zone de voyages commune avec le Royaume-Uni et située hors de l'espace Schengen, n’avait pas certifié qu’elle appliquerait cette mesure. Le gouvernement irlandais a juste fait savoir qu’il étudierait la mesure, en concertation avec le Royaume-Uni, ont rapporté les médias irlandais.

Le mécanisme de protection civile de l'UE servira aussi à rapatrier dans l'Union les Européens désireux de rentrer. La mesure, déjà activée par l'Autriche (EUROPE 12448/8), a été saluée par le président roumain, Klaus Iohannis.

Faciliter les trajets essentiels au sein de l'espace Schengen

Les États membres ont par ailleurs « largement » approuvé les lignes directrices publiées la veille par la Commission pour fluidifier la circulation routière au sein de l’espace Schengen, même si elles ont fait l’objet d’« intenses discussions », a confié Mme von der Leyen.

Selon elle, il est « absolument crucial » de débloquer certaines situations dans le marché intérieur qui retardent le trafic des camions de marchandises ou empêchent les citoyens « de rentrer chez eux ». À cet effet, la présidente de la Commission a expliqué que la proposition de créer des voies rapides spéciales pour les véhicules transportant des marchandises ou du matériel médical avait eu beaucoup de succès.

Mardi, deux autres États membres - Espagne, Portugal - ont notifié le rétablissement de contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen. Douze pays membres ont donc rétabli les contrôles : dix pays de l'UE (Espagne, Portugal, Autriche, Estonie, République tchèque, Pologne, Allemagne, Hongrie, Danemark et Lituanie) et deux pays tiers (Suisse et Norvège).

Lors du sommet, la question spécifique des travailleurs frontaliers a été évoquée, Mme von der Leyen citant les difficultés du « Luxembourg », dont l'économie dépend en grande partie de cette catégorie de travailleurs.

Santé : la Commission lance de nouveaux marchés publics communs

Ma première priorité, c’est d’« être mobilisé pour la santé des citoyens », a souligné Charles Michel.

À cet effet, la présidente de la Commission européenne a souligné que de nouveaux marchés publics communs venaient d’être lancés pour garantir des conditions d’achat plus intéressantes pour les pays participants. « Hier, nous avons lancé un marché public pour les respirateurs et, aujourd’hui, pour des gants et des masques », a-t-elle indiqué. Des offres sont attendues dans les six prochains jours, après quoi des contrats pourront immédiatement être passés par les 24 États participants.

Mme von der Leyen a aussi clarifié ses propos concernant la mise sur le marché d’un vaccin « avant l’automne » grâce à la société allemande CureVac, alors que la plupart des spécialistes misent plutôt sur un délai d'un an et demi. « Les procédures sont souvent longues et bureaucratiques, mais nous devons nous concentrer sur l’essentiel », a-t-elle déclaré, faisant état d'assurances reçues de la part de l’entreprise allemande, qui bénéficiera d'une garantie européenne pouvant atteindre 80 millions d'euros (EUROPE 12447/1).

Alors que l'Europe comptabilisait, mardi 17 mars, plus de 60 000 cas de contamination et 2 700 décès, les trois pays les plus touchés - l'Italie, l'Espagne et la France - appliquent le confinement généralisé de la population, une mesure bientôt en vigueur ailleurs, notamment en Belgique dès mercredi.

A contrario, les Pays-Bas misent sur « le développement d’une immunité collective » en laissant les personnes les moins vulnérables attraper le virus. Si la Commission a refusé de se prononcer sur cette annonce, le département 'Europe' de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande pas une telle approche. « On n’a pas suffisamment de preuves que l’immunité collective fonctionne », a déclaré Dorit Nitzan, chargée de la coordination des urgences sanitaires à l’OMS, à l’issue d’une réunion avec les 53 membres de l'organisation. « Contenir et supprimer, voilà ce dont nous avons besoin », a ajouté Richard Pebody chargé des pathologies respiratoires à l’OMS.

Enfin, Mme von der Leyen s'est félicitée que le paquet de mesures économiques - flexibilité des règles budgétaires et sur les aides d'État (EUROPE 12448/4), mobilisation du budget de l'UE et de la BEI - ait été soutenu « unanimement » par les Vingt-sept.

L'Eurogroupe, qui se réunira désormais chaque semaine par visioconférence (EUROPE 12448/3), a été chargé de suivre l'application des mesures économiques prises aux niveaux européen et national.

Voir les conclusions du président du Conseil européen: http://bit.ly/2x2DiBx (Solenn Paulic, Sophie Petitjean, Mathieu Bion et Lionel Changeur)

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