Le gouvernement italien a annoncé, mardi 17 mars, qu'il entendait nationaliser la compagnie aérienne Alitalia, en grande difficulté depuis des années, dans le cadre de mesures économiques d'urgence prises face à la pandémie de Covid-19.
Le Conseil des ministres italien « prévoit la constitution d'une nouvelle société entièrement contrôlée par le ministère de l'Économie et des Finances, ou contrôlée par une société à participation publique majoritaire, même indirecte », précise un communiqué. Le gouvernement ne précise pas les délais ou d'autres modalités plus concrètes de ce projet de nationalisation d'Alitalia.
Selon des médias, Rome a prévu une enveloppe globale de 600 millions d'euros pour l'ensemble du secteur aérien national, dans lequel Alitalia représente la part du lion.
Alitalia accumule les pertes depuis des années et a dû être placée sous tutelle de l'administration en 2017. Rome cherche depuis un ou des repreneurs, sans succès.
Alitalia, confrontée à la concurrence extrêmement vive des compagnies à bas coût, ne peut pas non plus vraiment rivaliser avec les autres compagnies traditionnelles. Elle perd environ 300 millions d'euros par an. L'ancienne compagnie nationale a ainsi transporté seulement 22 millions de passagers en 2018, contre 91 millions pour Easyjet, 142 millions pour Ryanair et quelque 180 pour Lufthansa et Delta Airlines. En Italie, sa part de marché plafonne à 14%, loin derrière les 25% de Ryanair.
Par ailleurs, le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a souligné mardi que le gouvernement déclarait « la guerre économique » au coronavirus et qu'il n'excluait pas de nationaliser certaines grandes entreprises en danger, notamment Air France-KLM. (Lionel Changeur)