La commissaire européenne aux Transports, Adina-Ioana Vălean, a fourni quelques précisions sur la stratégie de la Commission européenne visant à développer un « secteur des transports intelligents et durables », jeudi 20 février, lors d’une discussion avec les membres de la commission des transports (TRAN) du Parlement européen.
Initiative phare de la Commission en matière de transports pour 2020, la ‘stratégie sur la mobilité durable et intelligente’ « définira comment les transports peuvent contribuer à la neutralité carbone d’ici 2050 et comment nous utilisons les technologies numériques dans notre secteur », a déclaré Mme Vălean.
Si cette stratégie couvre aussi bien la numérisation des transports que la sécurité routière, elle comportera en particulier des mesures visant à rendre la mobilité plus durable.
Mobilité durable. La commissaire a ainsi d’abord rappelé l’intention de la Commission de présenter deux propositions législatives d’ici la fin 2020 pour développer l’usage de carburants alternatifs : l’une dans le secteur aérien et l’autre dans le secteur maritime.
Elle a en outre assuré qu’elle lancera un appel à financement pour la construction de points publics de recharge (pour les véhicules électriques) et de réapprovisionnement en carburants alternatifs. Et d’ajouter : « Cela sera suivi l’année prochaine par une directive sur les infrastructures de carburants alternatifs ».
La commissaire est en revanche restée muette sur la possibilité de taxer le kérosène des avions et a botté en touche concernant l’idée d’inclure le transport maritime dans le système d’échange de quotas d’émissions de l’UE (ETS). Sur ce second point, elle a simplement indiqué qu’il s’agissait d’une option parmi d’autres et que l’UE devait se coordonner avec l’Organisation maritime internationale (OMI).
S’agissant du transport de marchandises, Mme Vălean prévoit de présenter, en 2021, des propositions spécifiques visant à 'verdir' ce secteur.
À cet égard, elle a en particulier souligné le rôle important du rail, qui peut également permettre de lutter contre la congestion du trafic routier.
« Nous évaluons le règlement sur les corridors de fret ferroviaire, car de nouvelles actions seront nécessaires pour stimuler le fret ferroviaire et contribuer ainsi aux objectifs du Green Deal », a-t-elle déclaré.
Enfin, la commissaire a également annoncé que ses services examinaient comment informer plus efficacement les usagers à propos de leurs voyages et des modes de transport alternatifs, à l’aide notamment de « calculateurs d’empreinte carbone ».
Mobilité intelligente. Vantant les bénéfices de la numérisation des transports, non seulement pour l’environnement, mais aussi pour la sécurité et l’accessibilité, Mme Vălean a estimé que la stratégie de la Commission sur les données, dévoilée la veille (EUROPE 12429/5), « placera l’Europe à l’avant-garde de la mise au point de transports intelligents ».
En plus de travailler à développer des technologies novatrices, l’UE doit également veiller à leur acceptation par les citoyens, a-t-elle poursuivi.
Sécurité routière. Sur le volet sécurité, la commissaire a salué l’adoption, deux jours plus tôt, de la ‘déclaration de Stockholm’, qui invite les États membres des Nations Unies à réduire de 50% le nombre de décès sur les routes d'ici 2030 (voir autre nouvelle). Au niveau de l’UE, elle a l’intention de mettre à jour la directive sur les permis de conduire (2006/126).
Dossiers en cours. Alors que certains eurodéputés ont profité de cette discussion pour relancer le débat sur le délicat paquet 'mobilité I', récemment confirmé au Conseil de l’UE (voir autre nouvelle), la commissaire a rappelé les inquiétudes de la Commission sur ce dossier. Interpellée par Andor Deli (PPE, hongrois) sur l’éventualité d’arrêter purement et simplement la procédure législative, elle a affirmé que, malgré ses réserves, une telle option n’était pas envisageable.
Répondant à des questions d’eurodéputés, elle a enfin exprimé sa détermination à faire avancer le ciel unique européen (SES2+) et la directive ‘eurovignettes’ (1999/62), deux dossiers sur lesquels les États membres ne parviennent pas à se mettre d’accord (EUROPE 11448/17, 12422/6). Sur le dossier ‘eurovignettes’, la commissaire, confiante, espère un accord entre les États membres (‘orientation générale’) sous la prochaine Présidence tournante du Conseil. (Damien Genicot)