Le monde agricole a fait part de ses vives inquiétudes sur le montant qui sera consacré à la politique agricole commune (PAC), à l'ouverture, jeudi 20 février à Bruxelles, d’un Conseil européen devant se mettre d’accord sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027 (voir autres nouvelles).
La dernière proposition du président du Conseil européen, Charles Michel, consacre 329,3 milliards d'euros à la PAC sur la période 2021-2027 (à prix constants 2018). C'est 1,5% de plus que ce qu’avait proposé la Commission (324,3 milliards) en mai 2018, mais bien en deçà (-13,9%) de l'enveloppe dédiée à la PAC dans le CFP 2014-2020 (382,9% milliards d'euros). Charles Michel propose d'introduire plus de flexibilité pour les transferts entre le premier (aides directes) et le deuxième pilier (développement rural) de la PAC.
Le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA) déclare soutenir la manifestation organisée par les agriculteurs belges. Aux côtés des organisations belges, la Fédération des jeunes agriculteurs (Wallonie) et Groene Kring (Flandre), le CEJA réclame un budget « solide » pour garantir la réalisation des ambitions de la nouvelle Commission et le renouvellement des générations dans le secteur agricole.
Les fonds du deuxième pilier, qui sont essentiels pour garantir que les jeunes entrent et restent dans le secteur agricole, vont subir des réductions drastiques, s’inquiète aussi le CEJA (-25% comparé au CFP actuel, selon la proposition de M. Michel).
La proposition de Charles Michel est « totalement inacceptable », affirment les coopératives et organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). « La proposition n'apporte pas un soutien suffisant aux agriculteurs pour faire face aux défis actuels et futurs et ne va certainement pas les aider à contribuer aux objectifs du Pacte vert européen », fait valoir le Copa-Cogeca.
La France a indiqué que la PAC était une « priorité essentielle » dans les débats budgétaires et plusieurs pays sont sur la même ligne (Espagne, Italie, Pologne…) « La France va se battre pour avoir une PAC au rendez-vous de nos ambitions », a ainsi affirmé, jeudi, le président français, Emmanuel Macron. Au contraire, les pays dits 'libéraux' demandent de réduire encore le niveau des crédits de la PAC.
Une PAC plus équitable. Les agriculteurs des pays baltes, qui ont manifesté jeudi matin, soutiennent les demandes de leurs dirigeants en faveur d’une « convergence totale des paiements directs agricoles d'ici la fin du CFP ». Les agriculteurs des pays baltes se plaignent de ne recevoir systématiquement que 54 à 60% de la moyenne européenne en paiements directs, malgré les appels répétés à mettre fin à cette répartition injuste des fonds, « qui ne reflète pas les réalités de l'agriculture sur le terrain dans les pays baltes ».
Le projet de compromis de M. Michel prévoit uniquement la poursuite de la convergence externe des aides, ce qui est jugé insuffisant par les États baltes.
Pour lire la déclaration de fin novembre 2019 des dirigeants baltes : http://bit.ly/3bR9Uhz (Lionel Changeur)