Le cabinet français de lobbying Athenora Consulting préconise la création à Bruxelles d'une « Chambre française de l'influence », un peu à l'image de l'AmCham, dans une étude sur l'influence française auprès des institutions européennes réalisée en 2019.
Une partie de l'étude présente une radiographie des forces françaises à Bruxelles et ce qui ressort « de manière unanime » chez les acteurs que nous avons interrogés en France et à Bruxelles, c'est « l'impensé de l'influence » de notre pays auprès de l'Union européenne, a indiqué à EUROPE Natacha Clarac, directrice générale d'Athenora Consulting, lundi 10 février.
En France, le lobbying au niveau européen n'est toujours « pas perçu comme nécessaire », a-t-elle noté, alors que l'État français est très proactif quand il s'agit de signer des contrats commerciaux dans le monde. Seuls les anciens monopoles publics seraient déjà bien structurés en interne pour agir auprès des institutions européennes alors que beaucoup d'entreprises interrogées voient encore la création de cellules 'Europe' « plus comme une contrainte qu'un vecteur stratégique de croissance », a indiqué Mme Clarac.
Faisant valoir un souhait des entreprises françaises qu'une réflexion s'engage concernant « une approche stratégique » sur des questions allant au-delà du champ réglementaire, Mme Clarac a suggéré la mise sur pied d'une « Team France » qui regrouperait tant les pouvoirs publics que les opérateurs économiques. Cette chambre française de l'influence permettrait notamment l'élaboration de positions transversales communes entre acteurs publics et privés sur des enjeux européens stratégiques tels que le climat et la digitalisation.
L'influence des élus français au Parlement européen
Interrogée sur l'influence des élus français au Parlement européen, Mme Clarac a noté le pragmatisme des acteurs français, qui ne sont pas totalement contre une collaboration avec la délégation d'extrême droite du Rassemblement national, la plus importante délégation française, mais peu engagée dans le travail législatif.
Mme Clarac n'a pas caché que cette situation « [faisait] partie des facteurs de faiblesse » de l'influence française dans l'UE. Mais ce poids relatif moindre dans les travaux du Parlement européen s'explique aussi par « l'effondrement » du nombre d'élus des partis PS et LR, a-t-elle ajouté. Et les élus du parti LRM, ultra-majoritaires au sein du groupe Renew Europe, « doivent encore jouer des coudes pour peser dans les négociations internes » avec les groupes PPE et S&D.
Voir l'étude d'Athenora consulting : http://www.athenora.com/ (Mathieu Bion)