Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a plaidé, mardi 11 février, pour le retour de la composante maritime de l’opération EUNAVFOR Med Sophia.
Le mandat de l’opération, dont les moyens navals sont suspendus depuis fin mars 2019, est en cours de révision, alors que les Européens souhaitent mettre l’accent sur son mandat de surveillance du respect de l’embargo sur les armes (EUROPE 12414/11). Ce mandat pourrait changer de manière significative, selon une source européenne. Les discussions entre les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité se poursuivent, avec l'objectif d'arriver à un accord pour le Conseil des Affaires étrangères du 17 février.
« Il faut absolument une composante maritime (…) Si on veut surveiller le trafic d'armes en Méditerranée, la composante maritime est vitale », a-t-il expliqué devant la presse à Strasbourg. Le 2 février, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, s’était opposé à un retour des navires, estimant qu'il s'agissait d'une astuce pour relancer « la mission de sauvetage ‘Sophia’ » (EUROPE 12417/17).
M. Borrell s’est d’ailleurs opposé plus frontalement à M. Kurz, qui avait qualifié la mission de « ticket pour l’Europe » pour des milliers de migrants illégaux. « L’Autriche est un pays qui exprime une forte préoccupation pour un possible ‘call effect’ (sic), la seule chose que je peux dire c’est que sur 2016-2018, l’opération Sophia n’a pas produit cet effet », a expliqué le Haut Représentant. « On voit très bien qu’à partir de 2016, le nombre de migrants est monté encore un peu, puis est descendu énormément », a-t-il ajouté, sans vouloir faire un lien direct entre l’opération et cette baisse.
Selon Frontex, le nombre d'arrivées illégales depuis la Méditerranée centrale a été de 153 895 personnes en 2015, de 181 459 en 2016, de 118 912 en 2017 et de 23 276 en 2018. (Camille-Cerise Gessant)