Les députés européens se sont montrés désunis, mardi 11 février, sur le plan de paix américain pour le Proche-Orient. Pour certains députés, ce plan est inacceptable, alors que d’autres estiment qu’il peut être une base pour les négociations de paix.
Ainsi, le groupe S&D, par la voix de la Néerlandaise Kati Piri, les Verts/ALE, par le biais de l'Allemand Reinhard Bütikofer, Renew Europe, par la voix de la Belge Hilde Vautmans et la GUE/NGL, avec l'Espagnol Manu Pineda, ont rejeté le plan.
« Il faut reprendre le fil des négociations le plus vite possible, mais ce n’est pas à cela que mènera ce plan », a estimé Mme Piri, qui l'a qualifié de « cynique ». « Il faut continuer à soutenir tous les efforts impliquant les deux parties, elles ont besoin d’un plan de paix et on peut jouer un rôle », a-t-elle ajouté. Pour M. Bütikofer, ce plan n’est pas « le bon point de départ », mais « une impasse », « un diktat », alors que, selon M. Pineda, il s’agit d’une « parodie légale » de la « grande escroquerie du siècle ».
« L’UE peut agir ; on a notre crédibilité et on doit l’utiliser pour jouer un rôle d’arbitre. (...) Il faut ramener à la table des négociations les deux parties », a dit Mme Vautmans. « Il faudrait une conférence de paix à haut niveau sous votre égide », a-t-elle lancé au Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.
La Grecque Anna-Michelle Asimakopoulou, pour le groupe PPE, s’est montrée plus modérée, estimant que l’UE devait envisager le plan comme point de départ pour relancer les négociations. « Il était clair qu’aucune des deux parties n’allait l'accueillir avec grand enthousiasme, mais je voudrais voir le verre à moitié plein, il peut servir de base pour reprendre les négociations », a-t-elle expliqué, ajoutant que l’UE pourrait jouer davantage un rôle de chef de file.
Pour Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais), les nombreuses critiques du plan « n’aident en rien le processus de paix ». « La valeur ajoutée est qu’il y a quelque chose sur la table ; donnons une chance au plan », a-t-il appelé. Même son de cloche chez Laura Huhtasaar (ID, finlandaise), selon laquelle l’UE doit soutenir le plan, estimant qu’il s’agissait peut-être de la « dernière occasion de parvenir a une paix réelle après des décennies de violence. Il est temps de mettre fin à ce conflit, on ne doit pas rejeter la proposition parce qu'on n’aime pas Trump ».
Le Haut Représentant a expliqué qu’il ne niait pas que ce plan puisse être un point de départ, mais qu'il puisse être un point d’arrivée. Il a annoncé avoir invité le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, à venir au Conseil 'Affaires étrangères' pour discuter directement des propositions américaines avec les ministres européens, qui, selon lui, dans leur majorité, ne considèrent pas le plan comme un bon point de départ. (Camille-Cerise Gessant)