L'injonction du président du Parlement européen, David Sassoli, lors de la session plénière de janvier, de retirer les petits drapeaux qu’on s’était habitué à voir trôner sur les pupitres dans les rangs eurosceptiques continue de faire polémique.
La pilule ne passe visiblement pas du côté du groupe Identité et Démocratie (ID). Parmi ses membres français du Rassemblement National, la décision est qualifiée d'« arbitraire », de « brutale » et même de « quasi totalitaire ». Et ils n'ont pas l'intention de se laisser faire.
Mardi 11 février, Jérôme Rivière, le président de la délégation française du groupe ID au PE, s'est entretenu avec David Sassoli à ce sujet. Selon nos informations, la réunion n'aurait pas abouti à un changement de position du président de l'institution.
Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la délégation française indique qu'elle déposera cette semaine un recours contre cette décision devant la Cour de justice de l'Union européenne.
« On ne sait pas qui, parce qu’il n’y a pas de décision écrite... Le Bureau, nous a-t-on dit (…) aurait estimé que la présence de ces petits drapeaux était contraire à l’article 10 de notre règlement intérieur qui interdit les bannières », a expliqué M. Rivière à la presse, en amont de sa rencontre avec M. Sassoli.
Selon lui, la décision serait motivée par « la panique liée au Brexit ». « Il n’est pas question pour nous de céder à cette injonction du Parlement européen qui, en fait, après le Brexit, a décidé d’écraser les Nations. Et pour écraser les Nations, quel meilleur symbole que d’arracher leurs drapeaux ! », a-t-il déclaré.
« Le drapeau français n’a rien d’une bannière. (…) C’est un étendard qui symbolise la République française », a poursuivi Jérôme Rivière.
Les députés français ont d'ailleurs écrit à Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, pour lui demander si, dans la langue française, un drapeau peut être assimilé à une bannière. (Marion Fontana)