Les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN discuteront, mercredi 12 février, de la mission de formation de l’Alliance en Irak, à l’occasion de leur réunion ministérielle à Bruxelles.
« Les ministres discuteront de l'avenir de notre mission en Irak, qui forme et conseille les forces armées irakiennes, afin d'aider à garantir que l’organisation État islamique ne puisse pas revenir », a annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse. Selon lui, les Alliés discuteront notamment de la manière dont l’Alliance peut coordonner encore plus étroitement son action avec celle de la coalition mondiale contre l’EI.
« La formation des forces locales est l'un de nos meilleurs outils dans la lutte contre le terrorisme. Et l'OTAN dispose de structures et de procédures éprouvées qui apportent une valeur ajoutée. Celles-ci garantissent la consultation politique, la transparence et la surveillance, ainsi que la constitution de forces », a plaidé M. Stoltenberg.
L’OTAN pourrait prendre une plus grande part à la formation, avec un transfert de personnel depuis la coalition mondiale. Un partage du fardeau qui pourrait satisfaire le président américain, selon son ambassadrice auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, alors que Donald Trump a demandé une action plus importante de l’Alliance au Moyen-Orient.
Alors que du personnel de la mission de l’OTAN est toujours sur place, la formation des forces irakiennes est, elle, actuellement suspendue pour des raisons de sécurité (EUROPE 12397/1). M. Stoltenberg a espéré que la formation reprenne « aussi vite que possible ».
Alors que le parlement irakien a demandé le départ des troupes étrangères, le secrétaire général a rappelé que l’OTAN respectait « pleinement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak » et était en étroite consultation avec le nouveau gouvernement irakien (EUROPE 12418/24).
Lors d’un diner, les ministres discuteront de la coopération entre l’OTAN et l’UE avec leurs homologues finlandais et suédois et avec Josep Borrell, présent pour la première fois en tant que Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.
Jeudi 13, les ministres examineront la réponse de l'Alliance au défi posé par les nouveaux systèmes de missiles de la Russie, après la fin du traité FNI. « Nous allons discuter de notre réponse à toute la gamme des systèmes de missiles russes, conventionnels et nucléaires, actuellement déployés ou en cours de développement », a précisé le secrétaire général, sans donner plus de détails.
Les Alliés s’entretiendront aussi avec leur homologue ukrainien pour examiner les réformes du pays et le soutien de l'OTAN.
La réunion ministérielle se conclura par une rencontre avec les 38 nations contribuant à la mission de formation de l’Alliance en Afghanistan. « Notre mission fait la différence. Malgré les circonstances difficiles, les courageuses forces de sécurité afghanes se renforcent et elles contribuent à créer les conditions de la paix », a estimé M. Stoltenberg, ajoutant que les alliés « se consultaient étroitement sur la voie à suivre ». Selon lui, les ministres vont aborder la manière dont la mission peut soutenir au mieux le processus de paix.
Par ailleurs, si la Syrie n’est pas officiellement au programme de la ministérielle, la situation à Idlib pourrait faire l'objet de discussions.
En marge de la session ministérielle, les représentants français, italien, britannique et américain signeront un mémorandum d'entente pour la fourniture de services critiques de communications par satellite à l’OTAN. Les ministres suédois et tchèque signeront, de leur côté, un mémorandum d'entente sur les munitions tactiquement décisives à terre/munitions à guidage de précision. (Camille-Cerise Gessant)