Le Parlement européen veut participer à l'élaboration de la stratégie de l'UE sur l'intelligence artificielle, qui sera présentée par la Commission européenne le 19 février prochain. Les députés de la commission du marché intérieur ont adopté, jeudi 23 janvier, un projet de question et de résolution qui plaide pour une approche basée sur le risque et demande des compétences supplémentaires pour les autorités de surveillance.
Tous les eurodéputés ont soutenu la question avec demande de réponse orale de la Commission. Trente-neuf d'entre eux ont voté pour le projet de résolution intitulé 'Les processus décisionnels automatisés : assurer la protection des consommateurs et la libre circulation des biens et des services' tandis que quatre se sont abstenus. Les deux textes seront à l'ordre du jour de la session plénière de la mi-février.
La disposition la plus ambitieuse de ce projet de résolution porte sur la transparence et la lisibilité des algorithmes. En plus de rappeler ces objectifs, le texte « invite la Commission européenne à évaluer si des prérogatives supplémentaires devraient être accordées aux autorités de surveillance du marché à cet égard ». Il souligne aussi que les algorithmes doivent être non biaisés et les ensembles de données non biaisés et de haute qualité. Il plaide en outre pour que le citoyen européen soit informé de la manière dont fonctionne un algorithme, de comment les décisions peuvent être vérifiées et corrigées et si les prix ont été personnalisés. Le projet plaide aussi pour une surveillance indépendante par des professionnels qualifiés lorsque des intérêts publics légitimes sont en jeu.
Le texte ne fait toutefois pas référence à la reconnaissance faciale, que la Commission envisage de suspendre pour une durée déterminée, comme elle le prévoit dans le projet de communication ayant fuité dans la presse et détaillé par EUROPE (EUROPE 12406/8, 12408/19). (Sophie Petitjean)