La Croatie attend impatiemment la stratégie relative à l'égalité des genres et ses mesures contraignantes liées à la transparence des rémunérations, que la Commission européenne doit présenter le 26 février. D'autant que, comme l'a reconnu la ministre croate de la Famille, Vesna Bedeković, en commission du Parlement européen, jeudi 23 janvier, la proposition sur les quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse est totalement bloquée au Conseil de l'UE.
Peu d'espoir sur les quotas de femmes
La ministre croate de la Famille, de la Jeunesse et de la Politique sociale était en commission parlementaire des droits de la femme pour présenter les priorités de son pays pour les six mois à venir. Elle a insisté sur l'importance de permettre à davantage de femmes d'accéder au marché du travail, indiquant que Zagreb prévoyait une conférence sur ce thème en janvier et des conclusions du Conseil durant le semestre.
En réponse à une demande de la présidente de la commission parlementaire, Evelyn Regner, elle a par ailleurs évoqué son scepticisme quant à un déblocage de la directive sur les quotas de femmes dans les conseils d'administration. « Le dossier est bloqué depuis 2 ans et il n'y a pas de nouveau débat au Conseil. Le document est prêt, mais, à l’heure actuelle, il n'y a pas de raison de croire que les États membres qui bloquent vont changer d’avis. On va garder un œil dessus et, si les choses changent, on jouera notre rôle », a indiqué Vesna Bedeković.
Inquiétudes sur les droits sexuels et reproductifs
La ministre s'est également heurtée aux inquiétudes des eurodéputés, notamment celles de Gwendoline Delbos-Corfield (Verts/ALE, française) ou María Eugenia Rodríguez Palop (GUE-NGL, espagnole). « L'insistance sur la démographie laisse craindre des attaques concernant les droits sexuels pour une démographie contrôlée », a déclaré la Française. Et Mme Rodríguez Palop de demander : « Êtes-vous sur la même ligne que M. Orbán ? », avant de dénoncer une dégradation de la situation en Croatie et de souligner que la migration pouvait être une solution à l'actuel déclin démographique.
« Il y a une mutation démographique qui pose de véritables défis. Tous les États membres y sont confrontés. Mais la situation est très hétérogène. Il faut donc des solutions souples selon les réalités nationales, voire régionales », a répondu la ministre. Quant aux droits sexuels et reproductifs, sur lesquels le Parlement prévoit d'adopter un rapport d'initiative non législatif, la ministre a botté en touche : « Ici, je représente la Présidence en exercice, pas le ministère croate, pas mon pays », a-t-elle répondu, soulignant néanmoins que le droit à l’autodétermination des femmes et la gestion autonome de leur corps étaient des principes fondamentaux à respecter. (Sophie Petitjean)