Les citoyens seront-ils consultés sur les travaux de la Conférence sur le futur de l'Europe ? Peut-on même envisager qu'ils aient une influence directe sur les décisions prises ?
C'est en ces termes que s'interroge la Bertelsmann Stiftung - fondation et groupe de réflexion allemand - quant au rôle que joueront les Européens dans le cadre de cette conférence.
Le PE a tenu à y inclure les citoyens, appelant notamment à l'organisation d'agoras citoyennes (EUROPE 12404/1). La Commission, elle aussi, a insisté sur l'importance d'entrer en contact avec le maximum de citoyens européens (EUROPE 12407/10). Mais comment ?
« Cette question n'a pas encore été résolue », estime Dominik Hierlemann, expert pour le programme 'Avenir de la démocratie' de la fondation Bertelsmann. Pour sa part, il propose trois modèles selon lesquels les citoyens pourraient être mis à contribution.
Le premier, fondé sur l'expérience des Consultations citoyennes de 2018, supposerait que chaque État organise ses assemblées et qu'en parallèle, une assemblée transnationale soit mise en place. Le second prévoit que des assemblées citoyennes transnationales, dont certaines seraient thématiques, interviennent à différentes étapes de la Conférence. Selon le troisième modèle, enfin, citoyens européens et politiques participeraient à la conférence au sein des mêmes assemblées sur un pied d'égalité.
« Cela fait des dizaines d'années que nous parlons d'impliquer davantage les citoyens dans le projet européen, mais cela n'a jamais été le cas. Par le passé, l'UE s'est essentiellement employée à mieux se vendre auprès des citoyens. L'approche n'a jamais été politique », déplore-t-il, assurant toutefois que cette Conférence est l'occasion de changer la donne.
Dominik Hierlemann se félicite notamment du souhait de la Commission de recourir à des outils numériques, mais précise que la Conférence ne doit pas tourner à l'« exercice de communication ».
L'expert s'inquiète par ailleurs de ne voir, pour l'heure, aucune proposition concernant les suites à donner à la Conférence. Le point négatif, selon lui, « est que nous ne savons toujours pas précisément quelle est l'ambition de cet exercice ». (Agathe Cherki - stage)