Le président des États-Unis, Donald Trump, veut conclure un accord commercial transatlantique avant novembre 2020, faute de quoi il fera « encore mieux » et imposera de nouveaux droits sur les importations de produits européens, a-t-il prévenu au Forum de Davos, mercredi 22 janvier.
La veille, la Commission avait pourtant qualifié d'« échange amical entre alliés » la première rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et M. Trump en marge du forum. Au terme de la réunion, Mme von der Leyen avait exprimé sa « hâte de travailler avec le président Trump sur les opportunités et les défis » qui attendent les parties et s'était déclarée « convaincue » de la possibilité d’un engagement mutuel dans un agenda commercial positif ainsi que sur la technologie, l'énergie « et bien plus encore ».
Ces déclarations ont été rapidement torpillées par le président américain, dont le ton face à l’UE a rapidement grimpé de plusieurs crans. De quoi conforter la position de ceux qui, à Bruxelles, prédisaient, au lendemain de la conclusion de l'accord commercial UE/Chine, que l’ire présidentielle pouvait retomber sur l’UE (EUROPE 12404/22). Les Européens « sont franchement plus difficiles en affaires que la Chine », a affirmé M. Trump à la presse, mercredi 22 janvier.
Toutefois, si « les Européens ont refusé de parler à Obama », M. Trump se fait fort d'obtenir rapidement de l’UE un accord commercial. « J'ai une date en tête, c'est une date assez proche », qui se situe avant les élections présidentielles de novembre, a-t-il confirmé. Et M. Trump de brandir, une nouvelle fois, l’outil tarifaire : « Si nous ne sommes pas en mesure de conclure un accord, nous ferons encore mieux », à savoir « imposer des tarifs de 25% sur leurs voitures » et sur d'autres importations de biens européens.
D'après la Commission, les deux parties ont convenu de se rencontrer prochainement à Washington pour faire avancer l'agenda transatlantique commun. (Hermine Donceel)