La Commission européenne se prépare à divulguer, le 29 janvier, sa 'boîte à outils' pour atténuer les risques liés à la 5G. Selon l'agence de presse Reuters, cette boîte à outils donnera aux États membres qui le souhaitent la possibilité d'exclure Huawei des éléments essentiels de leur infrastructure de réseau de télécommunications.
Un contexte délicat
Le plan d'action de l'UE pour la 5G de 2016 définit un objectif pour le lancement de réseaux commerciaux 5G au plus tard à la fin de 2020. Un certain nombre d'opérateurs de l'UE ont déjà lancé des offres commerciales, mais on s'attend à ce que le déploiement de la 5G à l'échelle de l'UE commence réellement en 2020. Pour accompagner ce processus et sous la pression des Américains, la Commission européenne s'est donné pour mission de veiller à la sécurité des réseaux 5G en proposant aux États membres de mener une évaluation nationale, puis en menant une évaluation coordonnée et, enfin, sur cette base, en définissant une boîte à outils (EUROPE 12222/23, 12300/5, 12345/1). L'Europe est en effet confrontée à deux tendances contradictoires en la matière, entre les velléités des États d'Europe centrale et orientale de suivre les recommandations américaines et d'écarter Huawei et celles des États d'Europe occidentale, soucieux de réussir la course à la 5G en s'offrant les services du géant chinois.
Une maintenance depuis l'UE
Dans une interview accordée à la presse française, le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a affirmé que tous les fournisseurs étaient les bienvenus en Europe, à condition qu'ils respectent « toutes les règles » établies par l'UE, y compris « une localisation européenne des activités de maintenance informatique ». Le commissaire a indiqué que la 5G se matérialisera sous la forme de milliers d'antennes intelligentes, qui seront toutes des portes d'entrée à protéger. « Cela fait appel à des logiciels gigantesques, quasiment les plus gros de la planète, avec des milliers de kilomètres de lignes de code qui contiennent forcément des bugs et qu'il faudra maintenir, mettre à jour », a-t-il expliqué au journal Les Échos.
De son côté, Reuters affirme avoir eu confirmation de plusieurs personnes proches du dossier que des fournisseurs à haut risque pourraient être exclus des éléments essentiels de l'infrastructure 5G. Et de détailler : selon l'agence de presse, la boîte à outils n'identifiera ni un pays ni une entreprise. Elle établira cependant des mesures de sécurité plus strictes pour les fournisseurs à haut risque en ce qui concerne les parties sensibles du réseau ou de l'infrastructure principale. Les États membres, pour leur part, seront exhortés à évaluer ou même à délivrer des certificats aux fournisseurs à haut risque. Ils seront également invités à diversifier leurs fournisseurs et à ne pas dépendre d'une seule entreprise. (Sophie Petitjean)