De passage à Bruxelles dans le cadre d'une tournée européenne, le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaidó, a demandé aux autorités de l'Union européenne, mercredi 22 janvier, de ne jamais rester muettes face aux violations des droits de l'homme et de l'État de droit perpétrées par le régime de Nicolás Maduro.
Il faut « parler haut et fort », car « votre voix est très valorisée », et « ne pas permettre que le mal se banalise », a déclaré M. Guaidó, lors d'une conférence de presse organisée par les groupes Renew Europe, PPE et CRE du Parlement européen. Il a cité de nombreuses exactions commises à l'encontre de députés nationaux de l'opposition et de membres de son équipe.
Dénoncer chaque violation des droits de l'homme, des droits civiques et de l'État de droit au Venezuela permet de « maintenir la motivation » des Vénézuéliens sur le terrain pour récupérer leur « dignité » en mettant fin à « la dictature », a-t-il assuré.
Celui que le Parlement européen considère comme le président légitime du pays caribéen (EUROPE 12405/6) a rejeté l'annonce récente de M. Maduro concernant la tenue d'élections, qu'il a qualifiée de diversion à destination du monde extérieur. Il ne peut, selon lui, y avoir d'élections qu'à certaines conditions garantissant que celles-ci soient « libres, concurrentielles, observables, transparentes ».
M. Guaidó a rappelé que cinq millions de Vénézuéliens avaient déjà fui leur pays face à la crise politique et humanitaire « la plus sérieuse après la Syrie », alors que le Venezuela, pays possédant les plus importantes réserves de pétrole au monde, n'est pas en guerre.
Au nom du groupe PPE, l'Espagnol Esteban González Pons a demandé que l'UE reconnaisse les personnalités politiques nommées par M. Guaidó dans un communiqué.
À l'issue d'un entretien bilatéral, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a souligné que l'Assemblée vénézuélienne, seule institution politique aux mains de l'opposition au régime Maduro, était « la seule entité légitimement et démocratiquement élue ». (Mathieu Bion)