Loin d'applaudir la signature de la première phase de l'accord commercial entre la Chine et les États-Unis, mercredi 15 janvier à Washington, experts et observateurs s'inquiètent de l'impact de ce traité, dont le contenu n’a d’ailleurs pas été entièrement révélé.
D’abord, parce que cet accord marque l’émergence d’un « commerce administré », en infraction avec les règles de traitement équitable pour tous les pays, défendues par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ses règles imposent également que tout accord commercial bilatéral doit réduire les droits douaniers sur l’essentiel des échanges commerciaux. On en est sans doute loin…
Ensuite, l'accord comporte des risques pour l’UE : en premier lieu, parce qu'il risque de dévier les échanges commerciaux entre la Chine et l'Union européenne, au détriment de cette dernière ; en second lieu, comme le soulignait un diplomate européen, parce qu'à la veille des élections présidentielles aux États-Unis, le président Donald Trump pourrait désormais concentrer ses velléités commerciales sur le Vieux continent, avec qui sa balance commerciale demeure déficitaire.
La mission à Washington de Phil Hogan, le commissaire européen au Commerce, est d’autant plus cruciale dans ce contexte et son issue sera riche d’enseignements quant au futur des relations commerciales transatlantiques (EUROPE 12402/5).
M. Hogan a poursuivi ses rencontres et s'est entretenu, le même jour, avec des élus du Sénat et de la Chambre des Représentants des États-Unis. (Hermine Donceel)