Les eurodéputés ont renouvelé, mercredi 15 janvier, leurs critiques à l’encontre des gouvernements hongrois et polonais alors qu’ils débattaient d’une résolution, qui sera mise aux voix jeudi 16 janvier, sur l’état des procédures dites 'article 7' du traité sur le respect de l'État de droit, ouvertes contre la Hongrie et la Pologne.
Dans un débat tenu avec la vice-présidente chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, les élus ont d’abord concentré leurs critiques sur la Hongrie, qui, au départ, devait être le seul sujet à l’ordre du jour avant que n’y soit ajoutée la procédure contre la Pologne.
Nombreux ont été les élus à réclamer une action forte de l’UE contre le dirigeant du Fidesz, Viktor Orbán, qui doit maintenant « être puni », comme l’a dit son compatriote Csaba MolnÁr (S&D), à commencer par une punition financière. Beaucoup d’élus ont dépeint un tableau inquiétant de l’État de droit dans le pays, tant pour les ONG que pour les médias. Des affirmations que certains ont combattues, à l’image du Français François-Xavier Bellamy (PPE), qui a souligné qu’il existait encore « des médias critiques » du pouvoir dans le pays et que des pays comme Malte échappaient, eux, à la procédure ‘Article 7’ en dépit de l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia.
Sur la Pologne, la responsable européenne a rappelé que la Commission avait tout juste demandé des mesures intérimaires à la Cour de justice de l’UE pour faire cesser les activités de la nouvelle Chambre disciplinaire (EUROPE 12403/23). Le débat était également houleux notamment entre députés polonais opposés politiquement.
Dans le projet de résolution, les députés déplorent le fait que le PE ne soit pas, selon eux, équitablement traité par le Conseil dans la procédure sur la Hongrie, contrairement à la Commission qui, pour ce qui concerne la Pologne, est invitée régulièrement au Conseil.
Le texte, soutenu par les familles du PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et GUE/NGL, déplore encore que les « auditions n’aient pas encore abouti à des progrès significatifs de la part des deux États membres concernés ». EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)