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Bulletin Quotidien Europe N° 12407
ACTION EXTÉRIEURE / Sahel

Feu vert des ministres européens pour faire plus pour la sécurité et le développement de la région

Les ministres européens des Affaires étrangères ont eu, lundi 20 janvier à Bruxelles, un échange de vues fructueux sur la réponse européenne à apporter à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire au Sahel (EUROPE 12406/1, 12402/3).

Cette discussion a eu lieu dans le droit fil du sommet du G5 Sahel ('Sommet Barkhane') convié à Pau le 14 janvier à l’initiative de la France et qui a jeté les bases d’une mobilisation renforcée contre les groupes djihadistes avec la création d'une coalition internationale.

Pour l'heure, la France, qui est en première ligne, pourrait être appuyée par la Suède, le Portugal et l'Estonie.

La discussion est restée générale, mais les ministres ont salué les résultats du sommet de Pau et exprimé leur soutien à un renforcement de l’action européenne, au plan sécuritaire au premier chef, mais aussi au plan humanitaire et de développement (selon les trois axes de la stratégie holistique intégrée de l’UE pour le Sahel révisée en 2014 et dont une nouvelle révision est envisagée).

L'Union européenne est en effet le premier donateur de la région, son premier partenaire politique et un acteur clé en matière de sécurité.

« Lundi passé, j’étais à Pau, au sommet du G5 Sahel. Nous avons fait le constat d’une urgence absolue. La situation s'est énormément dégradée. La Libye est une tumeur qui fait des métastases dans l’ensemble de la région et déstabilise les pays au sud du Sahara », a déclaré le Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, en conférence de presse.  « Nous avons trois missions PESD. Le Conseil est d’accord pour accroître cette coopération stratégique. Il faut absolument faire plus », a-t-il ajouté.

À cet effet, une conférence internationale sur le G5 Sahel aura lieu à Bruxelles, en marge du Conseil européen des 26-27 mars.  Devant les ministres, le Haut Représentant a précisé qu'il fallait arriver « préparés » à cette conférence internationale, dont le format reste encore à préciser.

« Nous allons revoir la stratégie intégrée de l'UE pour le Sahel pour élargir, du point de vue géographique et opérationnel, ces trois missions », a déclaré M. Borrell.

Il a rappelé qu’en 2019, les pays du G5 Sahel ont enregistré de lourdes pertes humaines : 1 500 soldats ont été tués – le chiffre le plus élevé depuis 2012, et, si l’on additionne les victimes civiles des attentats djihadistes, « autour de 4 000 personnes » auraient perdu la vie.

Le ministre français Jean-Yves Le Drian s’est réjoui du soutien à une coalition pour le Sahel. « C’est la première fois, vraiment, que je sens que l’Europe a repris la main », a-t-il déclaré, citant la Libye (voir autre nouvelle), mais aussi le Sahel.

Selon le ministre français, cette coalition visera à renforcer l'action contre le terrorisme et la capacité de sécurité des pays du G5 Sahel et œuvrera en faveur d'un développement plus efficace. (Aminata Niang)

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