Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, a à nouveau plaidé, lundi 20 janvier à Bruxelles, pour une reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs États membres.
« Je sais que ce sont les pays, individuellement, qui reconnaissent un État. Mais cela ne sert à rien qu’un pays ou un autre reconnaisse. Il faut un mouvement d’un groupe de pays », a-t-il expliqué, à son arrivée au Conseil. Selon lui, cela montrerait aux Palestiniens que les Européens les soutiennent, sans toutefois aller « à l'encontre des intérêts d’Israël ni de ceux des États-Unis ».
Si la politique de colonisation n'est pas interrompue, « la solution à deux États disparaîtra », a-t-il en outre averti. Or, cette solution est, aux yeux du ministre luxembourgeois, la seule envisageable. « Il n'y aura pas de paix dans cette région sans État palestinien », a-t-il déclaré.
À l'issue du Conseil, M. Asselborn a jugé « utile » le débat entre les ministres et a salué la volonté de « certains collègues » de « faire plus ». Il a ajouté qu'il n'était pas exclu que « certains États se mettent ensemble pour essayer d'aller de l'avant ».
M. Asselborn a également appelé ses homologues à rester mobilisés, refusant que les Européens se contentent à nouveau de réagir à un plan de paix américain.
Interrogé sur la volonté du Premier ministre Benjamin Netanyahou d'annexer la vallée du Jourdain, le ministre a fait allusion à l’annexion de la Crimée – ukrainienne – par la Russie. « Si Israël en arrive au point d’annexer la vallée du Jourdain, nous nous retrouverons dans une situation internationale similaire à celle connue en 2014 dans d’autres pays », a-t-il lancé. (Camille-Cerise Gessant avec Agathe Cherki)