Il n’y a « pas d’obstacles techniques » au débarquement et à la relocalisation rapide de migrants et demandeurs d’asile vers d’autres États membres, seulement des obstacles politiques.
C’est le constat qu’a dressé, lundi 20 janvier, Martin Schieffer, chef d’unité aux services aux Affaires intérieures (DG Home) à la Commission, devant la commission des Libertés civiles du Parlement européen.
Invité à revenir sur la mise en œuvre de la Déclaration de Malte approuvée le 23 septembre par Malte, la France, l’Italie et l’Allemagne pour soulager l’Italie et Malte dans les arrivées de bateaux d’ONG, le responsable européen a indiqué que 1 000 personnes à travers 24 opérations de débarquement avaient jusqu’ici été relocalisées depuis l’Italie vers d’autres pays membres participants (EUROPE 12333/1).
Ces opérations se sont faites dans des délais relativement rapides, sans difficultés particulières, et ont rassemblé de 4 à 10 États membres en général. Un chiffre encore « insuffisant », mais qui constitue déjà une bonne « masse critique » et même un « succès », a commenté le fonctionnaire, dont le propos visait surtout à signaler aux États membres qu’avec de la volonté politique, les dispositifs de relocalisation de migrants pourraient aisément marcher dans l’UE. Cela, alors que la Commission réfléchit actuellement à son futur Pacte sur l’asile et la migration.
À ce titre, les deux responsables européens, Margaritis Schinas (Promotion du mode de vie européen) et la commissaire Ylva Johansson (Affaires intérieures) seront en Italie mardi 21 janvier.
Face au chef d’unité, des élus comme Sophie in’t Veld (Renew Europe, néerlandaise) ont confirmé que cette Déclaration de Malte, avec une dizaine d’États membres tout au plus ayant participé aux opérations, ne pouvait pas être qualifiée d’« instrument européen ». Mais au moins, « quelque chose bouge », a réagi l’élue libérale.
Pour le fonctionnaire de la Commission, la procédure a été satisfaisante en 2019, dans l’attente d’un mécanisme « post-Dublin » et de solutions à long terme.
Et bien que sans valeur contraignante, cette Déclaration de Malte « représente une ambition politique pour concrétiser une solidarité » afin de sauver des vies en mer, a-t-il ajouté. La Commission reste prête à aider financièrement les États membres qui souhaiteraient se joindre au mouvement, a-t-il également indiqué.
Le fonctionnaire ne s'est cependant pas prononcé sur la situation actuelle en Libye et ses répercussions à court terme en matière d’arrivées de migrants sur les côtes européennes et n'a pas fourni d'indications aux eurodéputés sur ce qui resterait du travail du PE sous la précédente législature dans le futur Pacte migratoire annoncé par Ursula von der Leyen. (Solenn Paulic)