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Bulletin Quotidien Europe N° 12393
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Budget

Les députés reprochent au Conseil européen son immobilisme sur le cadre financier de l'UE 2021-2027

Les députés européens ont encore critiqué, mercredi 18 décembre à Strasbourg, le ‘cadre de négociation’ finlandais sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE et le manque de progrès à ce sujet lors du dernier Conseil européen (EUROPE 12389/2).

Manfred Weber (PPE, allemand) a regretté l’absence de progrès sur le prochain CFP. « Il n’y a pas eu de débats sur le CFP ». Il a qualifié de « provocation » le ‘cadre de négociation’ de la Présidence finlandaise du Conseil et a demandé au Conseil européen d’éviter le débat stérile entre ‘contributeurs nets’ et ‘bénéficiaires nets’ du budget de l’UE.

Iratxe García Pérez (S&D, espagnole) a estimé, elle aussi, que le ‘cadre de négociation’ proposé est « inacceptable, irréaliste » (réduction des dépenses consacrées à l’agriculture, la cohésion, la recherche, la gestion des frontières…) En outre, « on ne parle ni du ‘Fonds pour une transition juste’, ni du ‘Pacte vert européen’, ni de l’initiative pour l’emploi des jeunes », a déploré l’eurodéputée. Iratxe García Pérez a demandé des ressources propres supplémentaires pour financer le budget de l’UE ainsi qu'une conditionnalité sociale dans la politique de cohésion.

Il y a encore du travail à faire pour faire en sorte que le CFP soit considéré comme « un instrument pour mettre en œuvre nos ambitions politiques », a considéré Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain). Il a critiqué ce « marchandage entre qui gagne et qui perd ». Il faut moderniser les politiques classiques (agriculture et cohésion) et pas les affaiblir, a-t-il mis en garde.

Ska Keller (Verts/ALE, allemande) a estimé que le ‘cadre de négociation’ proposé ne prévoit pas assez de fonds en faveur du climat.

Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL) a défendu Charles Michel contre les attaques venues de l’extrême droite (belge) lors du débat. Il a demandé au Conseil européen d’arrêter de bloquer les décisions, notamment sur le CFP.

Jan Olbrycht (PPE, polonais), rapporteur sur le CFP, a salué la volonté affichée par M. Michel de coopérer sur ce dossier avec l'Assemblée. 

Cohérence politique. Charles Michel, à la fin du débat, a parlé d’un chantier « extrêmement difficile ». C’est la raison pour laquelle il a pris beaucoup de temps pour rencontrer en tête à tête les différents leaders européens pour évaluer les priorités et « les espaces de négociation et de compromis ». Il a appelé les eurodéputés à faire preuve de « cohérence politique » dans les messages politiques, car les chefs d’État ou de gouvernement sont « face à des parlements nationaux composés de majorités politiques avec des partis représentés dans ce PE ».

M. Michel a souligné que des pays vont devoir payer davantage, en raison du Brexit. Il a insisté sur le besoin de trouver un « juste équilibre » entre les politiques classiques (agriculture, cohésion) et les nouvelles politiques (migration, innovation, changement climatique).

La question de la conditionnalité peut recouvrir des concepts divers selon les pays de l’UE (État de droit, migration, dumping social ou fiscal), a-t-il admis. Il a évoqué les signaux forts envoyés sur les ressources propres (ETS, numérique, déchets plastiques). M. Michel va poursuivre activement les bilatérales avec les États membres, « avec l’intention de progresser vers un compromis et d’apprécier à quel moment nous pensons qu’on se rapproche d’une zone d’atterrissage politique au cours de laquelle on peut tenter d’aller vers une décision finale au Conseil européen ».

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a estimé que « nos ambitions européennes ont besoin de ressources adéquates pour se réaliser ». Elle a reconnu que « la proposition actuelle est encore loin de cet objectif ». La Commission soutiendra pleinement Charles Michel dans ses efforts pour « dégager un consensus équilibré, équitable et ambitieux », a-t-elle dit. Et si le budget est trop limité, il n'y a qu'une seule solution : il faut discuter de nouvelles ressources propres pour l'UE. Elle a remercié Charles Michel d'avoir mentionné l'ETS (Emissions Trading System). (Lionel Changeur)

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