Jewher Ilham, la fille du lauréat du Prix Sakharov 2019, l’Ouïgour Ilham Tohti, a appelé, lundi 16 décembre, la communauté internationale à demander la libération de son père.
« La Chine est un pays fort. Elle n’a peut-être pas peur d’un pays, de deux ou de dix, mais lorsque tous les autres pays s’unissent et appellent à libérer les personnes indûment enfermées dans les camps, elle devra bien respecter cette volonté », a-t-elle expliqué lors d’une audition devant les commissions 'affaires étrangères' et 'développement' et de la sous-commission 'droits de l’homme' du PE.
Jewher Ilham a espéré que le Prix Sakharov, qui sera remis à Ilham Tohti par contumace ce mercredi 18 décembre, aura un « impact positif » sur la situation de son père, « qu’il va attirer l’attention du monde entier, c’est ce dont nous avons besoin ». « Il faut que les autres pays se rendent compte que le prix est une reconnaissance de la cause ouïgoure », a-t-elle ajouté.
La jeune fille a également demandé aux parlementaires de « s’impliquer, d’aider (son) père, les centaines de millions d’Ouïgours innocents qui sont enfermés dans des camps de concentration ou dans des cellules pour de mauvaises raisons ». Selon elle, il ne s’agit pas d’une bataille pour une personne, une religion ou une communauté, mais pour une « raison humanitaire ». « Il est grand temps », a souligné celle qui a repris le flambeau de son père et plaide pour les idées de celui-ci et les droits des Ouïgours.
Jewher Ilham a appelé le PE à l’aider à savoir où est son père, qu’elle n’a pas vu depuis 2017, et s’il est en bonne santé. Elle souhaite également que les eurodéputés soutiennent son frère pour que celui-ci puisse poursuivre ses études à Pékin et qu’il n’ait pas à retourner dans le Xinjiang.
Enfin, selon elle, le PE doit faire pression pour des sanctions à l’encontre des produits fabriqués dans les camps de concentration chinois. (Camille-Cerise Gessant)