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Bulletin Quotidien Europe N° 12392
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Sonnés par le 'triomphe' de Boris Johnson, les groupes politiques du PE se préparent à siéger sans leurs collègues britanniques

Quelques jours après les chefs d’État ou de gouvernement, les principales familles politiques du Parlement européen ont pris acte, mardi 17 décembre à Strasbourg, du départ imminent de leurs collègues britanniques et exprimé, pour certaines d'entre elles, « leur tristesse ».

Après la victoire extrêmement nette du Premier ministre Boris Johnson aux élections législatives du 12 décembre, les 75 députés britanniques vont en effet quitter très prochainement l’hémicycle, le Brexit devant très probablement avoir lieu d’ici au 31 janvier 2020.

« Au moins, il y a de la clarté », a estimé Manfred Weber, chef de file du groupe PPE, lequel ne perdra aucun élu dans l’opération. Pour l’Allemand, la priorité maintenant est de se concentrer sur le futur accord commercial et de ne permettre aucun accès au marché intérieur « sans respect de nos normes ».

Dans d’autres groupes, l’on ne cachait pas une grande émotion, notamment chez les Verts/ALE, qui vont d’ailleurs perdre 11 membres britanniques et en gagner 4 avec les élus ‘gelés’ lors des élections de mai 2019. En dépit de ce gain, ils passeront derrière le groupe ID au PE et deviendront le 5e groupe de l'hémicycle. Une mauvaise nouvelle sur le plan symbolique, « mais notre force de frappe restera inchangée », a voulu rassurer le coprésident belge, Philippe Lamberts.

Même tristesse au S&D, qui perdra 10 élus travaillistes - dont certains, comme Richard Corbett ou Claude Moraes, sont en poste depuis longtemps - et qui en gagnera 4. « Nous sommes tristes, notre groupe est triste », a réagi l'Espagnole Iratxe García Pérez, présidente du groupe. « Nous rendons hommage au travail de nos camarades britanniques ».

Le groupe Renew Europe va également perdre des membres, avec 17 élus britanniques sur le départ et 6 nouveaux arrivants. Des modifications qui pourraient même ressembler à un casse-tête organisationnel, certains membres du groupe libéral rappelant que tout devra être réétudié au moment du départ des Britanniques.

Mais, au-delà de ces aspects pratiques, beaucoup, mardi, avaient encore du mal à se remettre du triomphe de Boris Johnson, qui a pris des voix aux travaillistes. Parmi eux, Michèle Rivasi (Verts/ALE, française), qui a souligné que « le ras-le-bol de la population » britannique n’avait pas été perçu et devait, en ce sens, constituer un signal d’alerte.

Selon Philippe Lamberts, la responsabilité de cette victoire incombe aussi largement à Jeremy Corbyn, le leader du Labour, incapable de prendre position et d’être « ferme sur le ‘Remain’ ».

En attendant, mardi matin, tous se sont trouvés unis sur un point : un accord commercial en un peu moins de 11 mois leur semble très difficile à atteindre et, même si c'était le cas, cet accord ne pourrait reprendre que « le minimum vital », comme l’a décrit la Française Nathalie Loiseau. « Mais un accord plein et entier, c'est très ambitieux », a-t-elle ajouté.

Le PE sera appelé à voter l’accord de retrait en plénière juste après sa ratification par le Parlement de Westminster, ratification que Boris Johnson veut obtenir juste après les fêtes de fin d’année. (Solenn Paulic)

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