Une poignée d'eurodéputés du groupe Verts/ALE se mobilisent en faveur de l'interdiction du dioxyde de titane (E171) dans l'alimentation humaine. Mardi 17 décembre, 14 parlementaires, dont une majorité de Français, ont appelé la nouvelle commissaire à la Santé à s'exprimer en faveur d'une interdiction généralisée sur le marché européen.
Le dioxyde de titane (E171) est un additif alimentaire qui peut contenir jusqu'à 3,2% de nanoparticules par unité de poids. Il est utilisé sous forme de poudre pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes.
Cette substance n'est actuellement soumise à aucune limite d'utilisation (quantité maximale) en Europe, même si le règlement 1333/2008 sur les additifs alimentaires prévoit qu'elle soit utilisée dans une quantité proportionnelle à l'objectif de coloration. En 2016, l'Agence européenne de sécurité des aliments a jugé que cette substance ne présentait pas de risque sanitaire important, tout en indiquant qu'elle ne disposait pas de données suffisantes pour se prononcer sur ses effets sur le système reproducteur humain. Toutefois, en avril 2019, le gouvernement français a signé un arrêté visant à l'interdire sur le marché français à partir du 1er janvier 2020, après que l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) avait à nouveau insisté sur l'absence de données.
Un moment opportun
Les 14 députés du groupe des Verts/ALE (dont un Belge et un Luxembourgeois) estiment que le moment est opportun pour lancer le débat. Selon une réponse à une question parlementaire datée du 22 novembre, la Commission a en effet déjà tenu 2 échanges de vues avec les États membres sur la mesure prise par la France (le 13 mai et le 26 septembre). « Les États membres ont donné leur avis sur l'extension de la mesure française à l'ensemble de l'UE et sur d'autres mesures alternatives de gestion des risques. Sur la base de ces avis, la Commission réfléchira aux prochaines étapes », indique l'ancien commissaire Vytenis Andriukaitis.
« Mme Kyriakides présentera, l’année prochaine, un grand plan européen pour la lutte contre le cancer. Pourquoi ne pas commencer dès maintenant à traiter les facteurs favorisant l’apparition du cancer en interdisant cet additif cancérogène ? » répond, dans le communiqué, l'eurodéputée française Michèle Rivasi (Verts/ALE). (Sophie Petitjean)