La Cour des comptes européenne a estimé, mercredi 11 décembre, que l’aide de l’UE pour le Maroc, via des transferts directs à son Trésor entre 2014 et 2018, « a apporté une valeur ajoutée limitée et n'a guère permis de soutenir les réformes dans le pays ».
Sur la période 2014-2020, la Commission a programmé 1,4 milliard d’euros de soutien, principalement dans les secteurs des services sociaux, de l’État de droit et de la croissance durable.
En moyenne, l'appui budgétaire de l'UE s'élève actuellement à quelque 132 millions d'euros par an et représente environ 0,37% des dépenses budgétaires annuelles du pays, ce qui limite son effet de levier dans l'ensemble, précise la Cour des comptes dans un rapport du 11 décembre.
Selon les auditeurs, la Commission européenne, tout en ayant répondu aux besoins identifiés dans les stratégies nationales et européennes, a réparti le financement sur un trop grand nombre de secteurs. Cela peut avoir affaibli l’impact du financement, regrette la Cour.
Cette dernière ajoute que la gestion par la Commission des programmes d'appui budgétaire « a pâti des faiblesses dans la manière dont ils ont été conçus, mis en œuvre et suivis, ainsi qu’en matière l'évaluation des résultats ».
Ainsi, dans leur rapport, les auditeurs recommandent à la Commission de concentrer l'aide sur un plus petit nombre de secteurs, d'améliorer les indicateurs de performance afin qu'ils permettent une évaluation objective, de renforcer les procédures de contrôle relatives aux décaissements, d'intensifier le dialogue sectoriel et d'accroître la visibilité du soutien de l'UE.
Voir le rapport de la Cour : http://bit.ly/2RCOgGh (Camille-Cerise Gessant)