Au moins une élection ne sera plus dominée par le Brexit : dans l’attente d’un vote du Parlement européen la semaine prochaine, la nouvelle Commission européenne devrait entrer en fonction le 1er décembre (EUROPE 12374/1).
Les juristes européens semblent avoir trouvé une solution pour permettre à la Commission de fonctionner avec 27 membres. Ainsi, même si le Royaume-Uni échoue à désigner un commissaire avant vendredi minuit (le délai fixé au titre de la procédure d’infraction lancée la semaine dernière (EUROPE 12369/4)), cela ne créera pas d'obstacle pour le nouvel exécutif.
Selon un document consulté par Politico, le retard du Royaume-Uni « ne peut pas ébranler le bon fonctionnement de l’Union et de ses institutions ». Ce texte, qui a été examiné vendredi par les ambassadeurs de l’UE avant d’être envoyé au Conseil, comprend toutefois un espace réservé pour une « réponse britannique, le cas échéant ».
La semaine dernière, les députés européens ont donné le premier feu vert au remplacement des candidats proposés par la Hongrie, la France et la Roumanie. Les ministres européens du Conseil feront de même lundi, lorsqu’ils recevront le document reprenant la liste actualisée des commissaires désignés. La présidente élue, Ursula von der Leyen, présentera alors son équipe aux députés européens, mercredi à Strasbourg, avant un vote en plénière.
Tout est bien qui finit bien. La manière et le moment auquel le Royaume-Uni fera face aux répercussions de la procédure d’infraction restent toutefois encore obscurs. Il est difficile d’imaginer le gouvernement désigner un commissaire avant les élections du 12 décembre, bien que ses porte-paroles aient insisté sur le fait que le pays respectera la législation. Nous devrions assister à une autre partie de « prolongation et simulation », dont la finalité consiste à laisser la procédure suivre son cours jusqu’à ce que le Royaume-Uni sorte officiellement de l’UE.
Retour au pays des élections sur le Brexit : le Premier ministre, Boris Johnson, et le dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, ont tenu leur premier débat mardi, lors duquel M. Johnson a réexpliqué son message « finaliser le Brexit », tandis que M. Corbyn a rappelé vouloir renégocier un accord avec l’UE et le soumettre à un second référendum.
Le tout nouveau programme électoral du Labour fournit plus de détails sur les attentes du parti en ce qui concerne les relations avec l’UE après le Brexit, y compris l’« accès » au système de mandat d’arrêt européen. Le groupe de réflexion eurosceptique Open Europe estime que ce point sera « difficile à négocier », étant donné qu’il n’a jamais été accordé à un pays non membre, pas même à un membre de l’EEE comme la Norvège.
Dans un discours passionné au Congrès du Parti populaire européen en Croatie cette semaine (EUROPE 12373/2), Donald Tusk, le président sortant du Conseil européen, a évoqué le Brexit, Trump et le président populiste hongrois, Viktor Orbán, implorant ses collègues de dire la vérité et de lutter contre les fausses informations. « Il est si facile de gagner le cœur des gens pour ceux qui crient à tue-tête : “Relevez-vous, rendez sa grandeur à votre pays, reprenez le contrôle !” », a-t-il déclaré. « Depuis cinq ans, j'en ai marre d'être le bureaucrate en chef. Je suis prêt à combattre. J'espère que vous l'êtes aussi ». (Version originale anglaise par Sarah Collins)