Un duel se profile à l'horizon au Parlement européen à propos de l'instance censée conduire la réflexion du Parlement européen sur l'organisation de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, qui débutera ses travaux début 2020.
Les coordinateurs des quatre grands groupes politiques au sein de la commission des affaires constitutionnelles (AFCO) ont préparé un projet de résolution énonçant les grands principes - volonté d'aboutir à des changements concrets, accord interinstitutionnel PE/Commission/Conseil sur la conférence, implication des parties intéressées, dont les citoyens - qui devraient, selon eux, guider les travaux de la Conférence (EUROPE 12372/4).
Ils espèrent que ce projet, qui sera débattu lundi 25 novembre à Strasbourg, sera prêt pour adoption lors de la plénière de décembre (voir le texte de la commission AFCO : http://bit.ly/2s2Lb7v ).
En parallèle, un groupe de travail, dirigé par le président David Sassoli et composé d'eurodéputés de la commission AFCO, a été mis sur pied et planche de manière plus détaillée sur la gouvernance et les contours de la future conférence. Il devrait présenter le résultat de ses travaux le mardi 17 décembre, à Strasbourg, en vue de l'adoption d'une deuxième résolution, en décembre ou en janvier.
La Conférence des présidents des groupes politiques (CoP) devra trancher d'ici là plusieurs questions : - le PE doit-il adopter deux résolutions distinctes ou faire converger les deux chantiers en un seul texte ? - en cas d'adoption de deux textes, cela doit-il être fait simultanément et, auquel cas, en décembre ou en janvier ?
De prime abord, ces questions semblent anodines, mais elles cacheraient une rivalité politique concernant la direction des travaux, qui pourrait avoir in fine un impact sur le choix de la personnalité issue du Parlement qui présidera la conférence.
Une source au sein de la commission AFCO proche du dossier a estimé que les députés n'étaient « pas contents » de la tentative de la CoP de « préempter » les travaux en cours.
Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge) a été annoncé comme le futur président de la conférence. Mais ses convictions fédéralistes passent mal au groupe PPE. « MM. Sassoli et Tajani veulent la primauté », selon cette source. À Zagreb, en marge du Congrès annuel du parti PPE, il a été confirmé à EUROPE que les démocrates-chrétiens souhaitent que le président de la commission AFCO et ancien président du PE, Antonio Tajani, préside les travaux, qui devraient durer deux ans.
Chez les Verts/ALE, on souhaiterait plutôt que ce soit une femme et qu'en toute transparence, la personnalité choisie soit adoubée par la plénière. (Mathieu Bion avec Solenn Paulic)