La commissaire désignée à l'Égalité, Helena Dalli, a réaffirmé, jeudi 21 novembre, lors de la conférence annuelle du PES Women (PSE Femmes), que la lutte contre les violences de genre comptait parmi ses « priorités absolues ». À quelques jours de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, Mme Dalli a estimé que l’engagement de l’UE en la matière était « crucial et urgent ».
La commissaire désignée a assuré qu'elle s'emploierait à obtenir la ratification par l’UE de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes.
« Nous devons absolument engager un dialogue constructif avec les États qui se sont abstenus de ratifier la Convention et les convaincre de le faire. Pendant la présidence maltaise (du Conseil de l'UE), j'avais fait pression en faveur de la signature par l'UE de la Convention et nous avions obtenu cette signature. J'espère maintenant que nous franchirons l'étape suivante », a-t-elle déclaré à EUROPE.
Helena Dalli a également rappelé qu'elle proposerait d’ajouter la violence faite aux femmes à la liste des infractions pénales définies dans le traité sur le fonctionnement de l'UE (EUROPE 12298/18).
Ces annonces font écho aux revendications adressées par la Confédération européenne des syndicats (CES) à Mmes Dalli et von der Leyen, dans une lettre datée du 21 novembre. La CES réclame par ailleurs l'octroi d'un soutien accru aux femmes victimes de violences de genre « si la Convention reste bloquée au niveau du Conseil européen ». Elle appelle également à la ratification, par tous les États membres, de la Convention de l'Organisation internationale du travail sur la violence et le harcèlement au travail.
Cyberviolences et inégalités de revenus. Helena Dalli a déclaré que l'élaboration de mesures concrètes contre les violences faites aux femmes en ligne « constituerait certainement un élément important de (son) travail ». Elle a évoqué la possibilité d'initier un dialogue avec des plateformes de réseaux sociaux, des ONG et des autorités nationales « afin de développer les meilleurs moyens possibles de protection des internautes femmes ».
La future commissaire a en outre confirmé à EUROPE qu'elle entendait lutter contre les inégalités de revenus entre hommes et femmes. Des mesures en matière de transparence des rémunérations devraient bien être proposées durant les 100 premiers jours de son mandat.
Responsabilité européenne. La vice-présidente de la Commission, Federica Mogherini, quant à elle a déploré, vendredi 22 novembre, dans une déclaration, que les femmes ne soient en sécurité nulle part, pas même dans leurs foyers. Il est de la responsabilité de l'UE et de la communauté internationale de « rester engagées afin d'empêcher tout acte de violence contre les femmes », a-t-elle estimé.
Mme Mogherini a rappelé qu'en Europe, une femme sur trois a subi des violences physiques et/ou sexuelles et que les victimes du trafic d'êtres humains et de l'exploitation sexuelle dans l'UE sont quasiment toutes des femmes. (Agathe Cherki - stage)