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Bulletin Quotidien Europe N° 12347
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les ministres de l'UE vont discuter des réponses à donner à l’offensive turque en Syrie

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se pencheront, lundi 14 octobre, lors de leur Conseil à Luxembourg, sur les réponses à apporter à l’offensive turque en Syrie.

Initialement, la discussion sur la Syrie en présence de l’envoyé spécial de l’ONU, Geir Pedersen, devait porter sur le processus politique après l’annonce d’un accord sur la création d’un comité constitutionnel (EUROPE 12336/14), mais, « depuis le lancement de l’intervention turque, le sujet a pris une tout autre ampleur », a expliqué une source européenne, vendredi 11 octobre.

Quelques heures seulement après le lancement de l'offensive, les Européens avaient appelé à son immédiate cessation (EUROPE 12346/8). Depuis, des contacts diplomatiques avec les autorités turques sont menés.

« Les ministres vont regarder (lundi) la question depuis plusieurs angles », a précisé la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, s’attendant à des « réactions supplémentaires » de leur part. 

« La priorité que l’on doit avoir est de faire pression », a expliqué une source européenne, qui, interrogée sur de possibles sanctions, a estimé qu’il était encore « un peu tôt pour le dire », précisant que l’intervention avait été lancée le 9 octobre. Quelques heures auparavant, la secrétaire d’État française, Amélie de Montchalin, avait annoncé que les sanctions seraient à la table des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet européen des 17 et 18 octobre. La veille, le ministre-président flamand, Jan Jambon, avait appelé l'UE à prendre des mesures économiques contre Ankara.

Lors de la discussion ministérielle, les conséquences de l’intervention sur la lutte contre l’organisation État islamique et sur les combattants étrangers retenus par les Kurdes ou son impact humanitaire devraient être abordées. « Les forces kurdes qui ont fait partie des Forces démocratiques syriennes ont joué et jouent un rôle crucial dans la lutte contre Daech. Des deux côtés de l'Atlantique, les abandonner n'est pas seulement une mauvaise idée (...), mais soulève de nombreuses questions, tant d'ordre stratégique que moral », a estimé le président du Conseil européen, Donald Tusk, le 11 octobre. Les menaces du président Recep Tayyip Erdogan de laisser les réfugiés affluer en Europe, qualifiées de déplacées par M. Tusk, pourraient aussi être évoquées.

Forages turcs. Autre sujet de préoccupation des Européens à la table des discussions : les activités de forage de la Turquie au large de la côte sud de Chypre (EUROPE 12342/15). « Cette action constitue une escalade sans précédent et la plus sévère provocation jusqu’à maintenant », a expliqué, le 11 octobre, le président chypriote Nikos Anastasiades, lors d’un point presse à Chypre, avec M. Tusk. Il a appelé à « envoyer un message ferme à la Turquie », ajoutant qu’ « une réponse plus concrète » était nécessaire.

Les ministres, puis les dirigeants pourraient décider des mesures à adopter. En juillet dernier (EUROPE 12297/7), le Conseil avait invité la Haute Représentante et la Commission « à poursuivre leurs travaux sur des options en vue de mesures ciblées eu égard au fait que la Turquie poursuit ses activités de forage en Méditerranée orientale ». Selon une source européenne, ces travaux avancent.

Afghanistan. Au-delà de la Turquie, les ministres reviendront sur la situation en Afghanistan, en particulier à la suite de l’élection présidentielle du 28 septembre (EUROPE 12338/15). Ils discuteront du soutien de l’UE au processus de paix.

Ukraine. Au déjeuner, après une rapide discussion à 28, les chefs de la diplomatie seront rejoints par leur nouvel homologue ukrainien, Vadym Prystaiko, pour faire le point sur le soutien de l’UE, l’état des réformes et le conflit dans l’est de l’Ukraine, après les résultats positifs à la dernière réunion du groupe trilatéral (EUROPE 12340/27).

Moyen-Orient et Libye. Rapidement, les chefs de la diplomatie aborderont : - la question de l’accord nucléaire iranien, alors que Téhéran menace de prendre de nouvelles mesures, le 6 novembre prochain, qui iraient à l’encontre du plan d’action conjoint ; - la situation en Irak, notamment, les dernières manifestations dans le pays (EUROPE 12341/28); - la situation en Libye.

Amérique latine. Les ministres feront le point sur la situation politique dans deux pays latino-américains. Critiquant l'absence de dialogue entre le gouvernement Ortega et l'opposition politique au Nicaragua, ils adopteront formellement le cadre juridique permettant l'adoption de sanctions contre des représentants des autorités nicaraguayennes (EUROPE 12335/4), ainsi que des conclusions spécifiques.  Sur le Venezuela, les ministres seront informés des réunions internationales qui se sont tenues en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, fin septembre. L'UE a récemment pris des sanctions financières à l'encontre de sept proches du régime Maduro, portant ainsi à vingt-cinq le nombre de Vénézuéliens visés par des sanctions européennes (EUROPE 12337/29).

Cameroun. Le Conseil de l’UE devrait adopter, sans débat, des conclusions sur la situation au Cameroun. Une occasion, pour l’UE, de saluer la fin des poursuites devant les tribunaux militaires contre Maurice Kamto, chef du parti Mouvement pour la renaissance du Cameroun, et ses sympathisants, mais aussi d’appeler à la poursuite du dialogue national qui a eu lieu récemment à Yaoundé, afin de favoriser une sortie de crise durable (EUROPE 12326/23). Le Conseil devrait aussi réitérer l’importance du respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales, de l’État de droit et du droit humanitaire international. L’Union devrait appeler à la fin des violences dans les régions Nord-ouest et Sud-ouest du pays, qui aggravent la crise humanitaire.

Thaïlande. Sans débat, les ministres adopteront des conclusions sur la Thaïlande, dans lesquelles ils devraient souligner qu’il est important de prendre des dispositions en vue d’élargir les relations bilatérales, notamment avec la signature en temps voulu de l’accord de partenariat et de coopération, et à progresser en vue de la reprise des négociations sur un accord de libre-échange.

Bosnie-Herzégovine. Le Conseil devrait aussi saluer la poursuite de l’opération EUFOR Althea, dont le Conseil de sécurité de l’ONU doit renouveler le mandat en novembre. (Camille-Cerise Gessant avec Aminata Niang et Mathieu Bion)

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