Le président français, Emmanuel Macron, a estimé, vendredi 11 octobre, que « la crise politique » que traverse l'échelon institutionnel européen ne devait pas s'installer, au lendemain du rejet par les eurodéputés de la commissaire désignée au Marché intérieur, la Française Sylvie Goulard (EUROPE 12346/1).
« Nous vivons un moment extrêmement important et sensible. Il y a une nouvelle Commission européenne et un nouveau Parlement européen qui se mettent en place et qui affrontent une crise politique que nous ne devons pas laisser s'installer et se développer », a déclaré M. Macron, alors qu'il recevait pour la première fois à l'Élysée le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. Il a plaidé pour que des solutions soient trouvées afin qu'une « Commission forte » puisse porter des projets ambitieux.
À ce stade de la procédure de constitution de la Commission 'von der Leyen', vingt-trois candidats sur vingt-six ont été validés par le Parlement européen. La France, la Roumanie et la Hongrie (EUROPE 12336/2) doivent chacune proposer une nouvelle personnalité.
Budapest a officiellement mis en avant son ambassadeur auprès de l'UE, Olivér Várhelyi. Les autorités roumaines l'ont également fait en proposant Dan Nica. Mais la chute du gouvernement social-démocrate change la donne. Le prochain Premier ministre, dont le nom sera connu d'ici au 15 octobre, pourrait décider de nommer quelqu'un d'autre.
Côté français, les spéculations vont bon train sur celui ou celle qui remplacera Mme Goulard. Circulent les noms de Florence Parly, Ségolène Royal, Michel Barnier, Bruno Le Maire, Clément Beaune, voire Benoît Cœuré. Puisque la présidente élue de la Commission, Ursula von der Leyen, tient encore à la parité homme/femme, une candidature féminine sera privilégiée.
Les délais deviennent serrés : pour une entrée en fonction de la Commission au 1er novembre, le PE doit voter sur l'intégralité du Collège le 23 octobre. Cela implique au préalable que Mme von der Leyen attribue des portefeuilles aux trois commissaires désignés et que ces derniers franchissent les étapes préalables de l'évaluation de leur déclaration d'intérêts financiers par la commission des affaires juridiques du PE et des auditions par les commissions parlementaires compétentes. (Mathieu Bion)