« Les violations des droits de l’homme en Hongrie ont un effet négatif sur l’ensemble du système de protection et sur l’État de droit », a déclaré la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, dans un rapport rendu public mardi 21 mai.
Ce texte – 37 pages et 167 recommandations – rend compte d’une mission effectuée en février dernier (EUROPE 12192/33). Il aborde les droits des demandeurs d’asile et réfugiés, ceux des défenseurs des droits de l’homme et de la société civile ainsi que l’indépendance de la justice et l’égalité des genres.
La Commissaire appelle les autorités hongroises à abandonner « les discours et les campagnes anti-migrants qui attisent la xénophobie » et ce d’autant plus que la « situation de crise » décrétée par le gouvernement n’est pas justifiée par le nombre de demandeurs d’asile entrant actuellement en Hongrie et dans l’Union européenne.
Constatant que les requérants – y compris les enfants – sont actuellement cantonnés dans des zones de transit et souvent privés de nourriture, Dunja Mijatović réclame d’urgence un examen des demandes d’asile excluant toute violence et conforme au droit international.
Elle s’alarme également de la stigmatisation, voire de la criminalisation, d’ONG et de défenseurs des droits humains au travers de dispositions légales ne visant qu’à paralyser leurs activités et leurs financements.
Autres motifs d’inquiétude : les réformes controversées de la justice dont l’indépendance est mise à mal depuis 2010 (EUROPE 12215/25), ainsi que « la régression de l’égalité des genres ». Dans ce cadre, la Commissaire exhorte les autorités à ratifier la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Dans sa réponse, la Hongrie reconnaît que le rapport contient quelques remarques pertinentes, mais réaffirme qu'elle remplit toutes ses obligations internationales concernant le respect des droits de l’homme des demandeurs d’asile et réfugiés.
Voir le rapport : http://bit.ly/2w9VwNF. (Véronique Leblanc)