Le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a incité, mardi 21 mai, à mettre en œuvre des mesures, dans les pays du sud de la Méditerranée, afin d’améliorer leur situation économique et de lutter contre le chômage des jeunes.
La croissance économique de ces pays est lente, avec des flux de commerce et d'investissement qui, dans de nombreux pays, n'ont pas encore atteint leur niveau d'avant 2011 et certains de ces pays subissent, dans certains cas, les répercussions des conflits, selon le commissaire. Le chômage des jeunes est en moyenne de 30 % dans cette région, et atteint 50 % pour les jeunes femmes.
Si l’UE a placé le développement économique au cœur de ses relations avec le sud, « clé de la stabilisation » selon M. Hahn, « l'UE ne peut pas compenser les occasions manquées dans la région », a-t-il prévenu lors du tout premier ‘EU MED means business' à Bruxelles.
Ainsi, alors que l'UE est le premier partenaire économique des pays partenaires dans le domaine du commerce et de l'investissement dans le voisinage sud, « la Méditerranée est la région la moins économiquement intégrée du monde », a-t-il regretté, estimant que ce manque d’intégration coûtait 1 à 2 % de croissance du PIB dans la région. Les importations et exportations entre pays du sud représentant environ 5 % du bilan commercial de chaque pays du sud. « Il n’est dans l’intérêt de personne que cela continue », a plaidé M. Hahn.
Il a appelé au développement du libre-échange, estimant que l’imposition de tarifs douaniers n’était pas « la bonne voie à suivre ». Les accords commerciaux régionaux ont peu d'impact et certains, tels que l’Union du Maghreb arabe, ne fonctionnent pas.
Le commissaire a estimé que le climat d’investissement était une autre « occasion manquée ». « Les investisseurs aiment aller là où ils sont sûrs que l’État de droit est assuré, où les droits sont respectés - y compris ceux de leurs employés - et où la corruption est l'exception et non la norme », a-t-il expliqué. Il a aussi rappelé que l’environnement bancaire et réglementaire dans certains pays de la région ne favorisait pas une culture entrepreneuriale vivante.
« Il est essentiel de créer les conditions permettant aux entrepreneurs individuels de faire des affaires. Cela signifie un cadre juridique approprié et le respect nécessaire de l'État de droit, mais aussi les conditions nécessaires pour que les petits opérateurs transforment leurs idées en emplois. Les PME sont un moteur pour la création d'emplois, si on leur permet d'aller de l'avant », a estimé le commissaire qui a aussi rappelé que la région avait besoin d’emplois dans le secteur privé, et non dans le secteur public. (Camille-Cerise Gessant)