En vertu de la nouvelle législation visant à renforcer le mécanisme de protection civile de l'UE en créant RescEU, l'Union européenne s'est dotée, pour la première fois, d'une réserve de moyens aériens immédiatement mobilisable qui doit lui permettre d'apporter une réponse plus efficace aux feux de forêt, a annoncé la Commission européenne, mardi 21 mai.
Le commissaire européen à l'Aide humanitaire et la Gestion des crises, Christos Stylianides, n'en est pas peu fier et s'est félicité devant la presse de cette avancée, importante, selon lui, à quelques jours des élections européennes, car elle illustre 'L'Europe qui protège'.
RescEU est un « filet de sécurité », une réserve de capacités à l'échelle européenne pour aider les États membres à faire face à des catastrophes naturelles ou d'origine humaine - feux de forêt, inondations, urgences sanitaires ou attaques terroristes - quand leurs propres moyens en protection civile ne suffiraient pas (EUROPE 12192/3).
« RescEU est dorénavant réalité. Il entre en action aujourd'hui. Une première flotte européenne de lutte contre les incendies est prête à intervenir cet été. Nous respectons notre engagement. Il s'agit d'une première flotte de transition. Petit à petit, d'autres moyens vont suivre », a déclaré M. Stylianides.
5 premiers pays contributeurs. La Croatie, la France, l'Italie, l'Espagne et la Suède sont les cinq premiers pays à avoir apporté une contribution en nature à cette flotte aérienne. « Ces pays donnent un exemple de solidarité européenne tangible », a souligné le commissaire, espérant que d'autres se joindront à eux, comme Chypre.
Selon lui, RescEU, outre qu'il permettra de « sauver des vies », est « rentable » à plus d'un titre : 1) « c’est une espèce de police d’assurance », sachant que se protéger coûte cher pour un pays seul ; 2) c'est un régime de partage de risques : plus il y a de pays participants, meilleur sera le bénéfice. « Un pays comme la Suède, bien équipé, n'a pas pu lutter seul contre les feux de forêt l'été dernier. La solidarité est plus que nécessaire, même pour un pays comme la Suède », a insisté le commissaire ; 3) c'est l’exemple par excellence des économies d’échelle et une valeur ajoutée européenne, « car nous pouvons mieux protéger pour moins cher : grâce à notre structure, nous avons des réserves en équipements permettant aux pays de mettre moins la main à la poche. De nombreux États membres ont fait des études de faisabilité et tous ont reconnu des économies d’échelle pour les États membres », a précisé M. Stylianides.
À la presse qui lui demandait s'il n'y avait pas contradiction entre l'objectif d'efficacité accrue et la politique d'austérité imposée par l'UE à la Grèce, laquelle a privé ce pays de moyens de lutte contre les feux de forêt, le commissaire n'a pas répondu. (Aminata Niang)