À l’occasion de son discours d’ouverture du congrès de la Confédération européenne des syndicats, mardi 21 mai, Luca Visentini, le secrétaire général de l'organisation syndicale, a remercié l’actuel président de la Commission européenne pour avoir remis la question sociale à l’ordre du jour des politiques européennes.
« Merci Jean-Claude, parce que vous avez montré que l'Europe peut être une force de progrès social », a lancé ainsi le secrétaire général durant son discours, qui n’a pas manqué une nouvelle fois de tacler son prédécesseur et « les années d'austérité gâchées aux mains de la Commission Barroso néo-libérale ».
Le syndicaliste a en particulier salué la proclamation interinstitutionnelle du socle européen des droits sociaux et surtout sa traduction concrète en actes législatifs, citant pêle-mêle la directive sur les travailleurs détachés (bien que lancée avant la proclamation), la directive sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, la directive sur les conditions de travail transparentes et prévisibles, la création d’une Autorité européenne du travail, ou encore les différentes révisions de la directive sur l’exposition au travail à des agents cancérigènes ou mutagènes.
Pour autant, l’Europe sociale reste à construire, selon lui, et reste une nécessité pour contrer les forces montantes du populisme et nationalisme. Pour M. Visentini, trois enjeux se présentent aux partenaires sociaux : - lutter pour défendre le dialogue social, voire l’instaurer dans certains États membres (une référence aux coups de boutoir contre les partenaires sociaux en Autriche notamment) ; - être réellement impliqués dans le processus budgétaire 'Semestre européen' ; - s’assurer que les accords entre partenaires sociaux soient transposés dans la législation européenne (voir autre nouvelle).
Par ailleurs, le secrétaire général a brossé à grands traits les actions à prendre durant le prochain mandat, que ce soit dans le domaine de la lutte contre le changement climatique et les défis à relever face à la numérisation croissante de nos économies ou encore la nécessité de doter l’UE d’une véritable politique industrielle. Il a appelé à réformer le droit des sociétés ainsi que les règles de concurrence et à garantir une plus grande participation des travailleurs aux décisions économiques. Enfin, l’une des grandes batailles à venir portera sur l'augmentation des salaires et l’application effective du traitement égal aux travailleurs indépendants, a-t-il rappelé.
À l'issue de ce congrès, qui durera jusqu’à vendredi 24 mai, sera élu un nouveau président - vraisemblablement Laurent Berger (secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail - CFDT) - et l’actuel secrétaire général devrait être reconduit à son poste. Le manifeste de la Confédération et son programme d’action devraient être également adoptés. Leurs versions provisoires sont consultables en suivant les liens suivants : https://bit.ly/2Qgs81s (manifeste) ; https://bit.ly/2QnoYcF (programme d'action). (Pascal Hansens)